Costa Rica – partie 2

Pura vida !

Le lendemain, nous nous rendons au parc national de Bahia Ballena, une avancée de terre en forme de queue de baleine formant 2 baies de chaque côté. On avance sur cette langue de sable et on observe derrière nous, la jungle qui avance jusqu’à son maximum.

Le soir, nous allons passer une dernière nuit au bord d’une plage un peu étrange entrecoupée de rivières et tapissée de bois flottée. L’endroit est un paradis pour les échassiers : ibis, aigrettes et spatules s’activent à la pêche pendant que nous amusons avec les crabes.

Nous nous éloignons de la côte pacifique pour entrer dans les terres et monter vers la réserve de Cloudbridge. Nous sommes à nouveau enchantés par la découverte des espèces végétales et des insectes que renferme la forêt.

Le soir venu, nous rencontrons Wendy dans son Airbnb surplombant une vallée de nuage impressionnante. L’endroit est superbe. La famille cultive des arbres fruitiers bios et nous laisse le loisir de cueillir tout ce que l’on veut. Nous découvrons des fruits succulents tels que la Granadilla et la Tomate d’arbre.

Le lendemain matin, nous partons aux aurores dans la vallée de San Gerardo de Dota, à la recherche du mythique et extraordinaire Quetzal. Cet oiseau sacré dans la culture maya est si délicat qu’il ne vit que dans les forêts tropicales nuageuses d’altitude. Il est très difficile à observer et attire donc tous les passionnés d’ornithologie du monde. Après de longues heures de patience, on finit par avoir la chance d’apercevoir le mâle revenir de sa cueillette et prendre le relais de sa femelle pour monter la garde sur ses œufs. Un instant bref mais précieux…

Nous roulons jusqu’au fond de la vallée pour nous aventurer à nouveau dans la jungle le long du rio Savegre. La marche est sportive et nous amène à découvrir des insectes hauts en couleur.

Nous rencontrons un nid rempli de petits que la mère vient vite protéger. Perruches, pics-verts glandivores, tangara et une magnifique variété de colibri habitent aussi ces forêts.

Pour nos dernières nuits avec mamie Marie, nous allons nous installer dans la Mountain Paradise Farm d’Emmanuel et de ses parents, au cœur de la vallée d’Orosi. Cette sympathique famille met en place un projet de ferme pédagogique en plus de louer une superbe maison en pleine nature.

Nous faisons ici un petit tour sur les jolis sentiers du jardin botanique Lankester.

Emmanuel nous emmène ensuite à la découverte des plantations de café qui font la réputation de la région.

Nous terminons la ballade par la petite église d’Orosi. Bâtie par les moines franciscains, c’est un des seuls vestiges coloniaux du pays. La nature n’est jamais bien loin… L’endroit est envahi par les perruches.

Après toutes ces tribulations, mamie Marie doit rentrer en France. Elle s’est révélée une véritable aventurière et nous a suivis dans tous nos crapahutages. Ensemble on s’est régalé de la découverte de toute cette faune et cette flore encore préservée. Nous avons partagé de tendres moments en famille et des bonnes tranches de rigolade. Les adieux sont difficiles mais nous nous retrouverons vite, c’est promis ! A bientôt maman, et merci pour tout ! <3 <3 <3

 

De notre côté, nous prenons la direction de la côte caraïbe. La route vers Limon est longue et nous faisons une étape au bord du rio Parismina. Dans ce climat tropical s’épanouissent de jolies petites grenouilles et des lézards colorés.

Sur la côte, les visages et le mode de vie changent. Ici la population est issue du métissage avec les descendants d’esclaves africains amenés au temps de la colonisation et des jamaïcains, venus lors de l’industrialisation. Les familles vendent au bord de la route leur production d’huile de coco. Nous allons voir d’un peu plus près ce procédé très simple de fabrication. La coco est râpée, mélangée à de l’eau puis mise à fermenter au soleil 3 ou 4 jours. Une sorte de mousse grasse se forme sur le dessus juste en dessous de laquelle stagne de l’huile. Il ne reste plus alors qu’à la filtrer pour obtenir une huile cosmétique. La mousse, elle, sera chauffée au feu pour la transformer en huile alimentaire.

La région est recouverte de bananiers, le Costa Rica étant le troisième exportateur mondial de bananes. Lorsque les bananes sont récoltées, elles sont accrochées à des filins qui sont ensuite tirés en dehors des allées par des mules pour les emmener directement vers de petites usines d’empaquetage. Puis les cartons sont empilés dans des containers réfrigérés et conduits directement au port de Limon pour l’exportation.

2ème source de revenue du pays après le tourisme, la banane est une manne d’argent mais soulève de grandes questions environnementales : gourmande en pesticides, les produits phytosanitaires sont balancés en masse par de petits avions qui survolent les champs ! Le Costa Rica est le plus gros consommateur de pesticides au monde en ratio par hectare. Un paradoxe quand on voit la politique écologique promue dans le milieu du tourisme.

Après avoir traversé des centaines d’hectares de bananiers, nous arrivons dans la réserve très isolée d’Hitoy Cerere. Nous observons les nombreuses dendrobates qui coassent et bondissent dans la réserve : les superbes « grenouilles fraises » mais aussi les vertes et noires si jolies qu’elles ressembleraient presque à des petits bonbons de gélatines. Mais attention : pas touche ! Elles sont toutes venimeuses !

Le lendemain, nous nous lançons dans une randonnée qui mène à une cascade. Pour cela, nous devons suivre tout le long le lit de la rivière. La progression est lente et difficile. Mais le décor est vraiment sauvage et ça sent bon l’aventure !

En chemin, nous rencontrons encore plein d’insectes inconnus et colorés, hormis cet étrange scolopendre qui semble avoir déteint au lavage…

Nous reprenons la direction de la côte pour nous rendre à Cahuita, où nous attend encore une magnifique réserve naturelle. A l’entrée, nous avons la chance d’observer un serpent en pleine chasse au lézard. C’est le début d’une farandole d’animaux : paresseux, ratons, crabes, oiseaux chatoyants et insectes bariolés…

Nous poursuivons plus au sud pour atteindre la plage de Punta Uva où nous retrouvons un couple d’argentin avec leur petit Pedro qui a l’âge de Léon. On sympathise, et les enfants aussi. Séance de pâtissage, ballades et châteaux de sable, les enfants s’en donnent à cœur joie !

Et le cadre est plutôt paradisiaque ! Eau limpide, sable blanc et cocotiers. Le décor est planté pour quelques jours…

Nous sommes à 2 pas de la réserve naturelle de Manzanillo et c’est ensemble que nous partons à nouveau à la rencontre des animaux de la jungle. Les toucans nous offrent des ballets au dessus de nos têtes, les singes hurleurs virils montent la garde, les paresseux nous font des acrobaties, l’oropendula fait sa danse de l’amour… On fait même connaissance avec Woody Woodpecker en plein travail. Cette nature nous laisse sans voix !

Entre temps, la plage devient un spot de voyageurs : un autre couple d’argentins s’installe puis Guillaume et Amandine, des français en camping car avec leurs 2 petites filles.

Nous nous lançons dans les derniers kilomètres qui nous séparent de la frontière panaméenne. Mais avant de traverser, nous nous arrêtons à la plage Gandoca réputée pour accueillir la nuit les tortues luths, les plus grosses tortues marines au monde, qui viennent y déposer leurs œufs. A la nuit tombée, on se lance à leur recherche, rejoints par Amandine et Guillaume avec leur camping-car. Mais après des heures de marche sur la plage, sous une pluie tropicale, nous revenons bredouille…

Avant de quitter le Costa Rica qui nous aura apporté son lot de merveilles naturelles, Léon plante son petit cocotier sur la plage, une manière de mettre notre petite pierre à l’édifice dans le travail de reforestation de certaines zones.

Ce mois au Costa Rica nous a offert la chance d’observer une faune incroyable. Nous nous sommes vraiment régalés à jouer les reporters/photographes animaliers. Bien que le pays soit touché par la disparition des espèces comme le reste du monde, il faut reconnaitre que la nature est ici encore très préservée. En tant que voyageur, il est très facile de camper ici. Le camping sauvage semble autorisé à peu près partout. En revanche, la vie est chère. Le pays est un nid à « gringo » (américains) et l’offre touristique s’adresse principalement aux riches occidentaux. L’entrée des parcs nationaux est exorbitante (de 12 à 20 dollars). Mais si on cherche bien, il y a possibilité de profiter pleinement de ce pays sans trop dépenser. On observe de nombreux animaux en dehors des parcs et certains sont gratuits ou sur donation. Si vous aimez la nature, foncez !!!

Pura vida ! A bientôt !

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