Géorgie – partie 1

Gamarjobat !

Le 07 février, nous entrons aisément en Géorgie par Sarpi (exemptés de visa pendant 1 an !). On est impressionnés par la modernité de la frontière : infrastructure flambant neuve, policiers équipés de tablettes numériques, véhicules de police dernier cri… On se demande si on est entré dans un pays plus riche que l’on ne l’imaginait…

On se penche donc sur la question et on apprend que les géorgiens ont un niveau de vie plutôt faible (salaires moyens d’environ 175 euros pour un coût de la vie assez élevé). La relative modernité du pays s’explique par son histoire politique : à sa sortie de l’URSS, la Géorgie vit une situation politique assez chaotique (entres autres un conflit séparatiste avec deux de ses régions l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud), jusqu’à ce qu’émerge en 2003 une révolution pacifiste qui met au pouvoir en 2004 le jeune leader « pro-ouest » du mouvement, Saakashvili.

Le nouveau président réussit à attirer les investisseurs extérieurs et à transformer son état en l’un des plus sûrs au monde en éradiquant notamment la corruption. Conséquences : l’économie croit, le niveau de vie s’élève et les infrastructures se modernisent. Mais sa tentative de réappropriation des deux régions indépendantistes entraine une guerre en 2008 avec la Russie (qui soutient ces régions) qui, cumulée à l’instauration d’un régime judiciaire draconien très critiqué, lui coutera les élections suivantes.

 Le gouvernement actuel a une position plus partagée entre l’ouest et la Russie, la situation économique du pays est en berne et la valeur de la monnaie décroit… La Géorgie reste tout de même candidate à l’entrée dans l’UE !

On fête notre arrivée dans le « Petit Caucase » autour d’une bonne bière locale et on découvre l’alphabet unique et esthétique (mais franchement biscornu) géorgien…

Le lendemain de notre première nuit sur le territoire, on est invités à boire un café chez un couple de soixantenaires charismatiques, Jujuna et Suliko, qui se transforme en un repas puis finalement en un séjour prolongé.

Suliko, ex joueur de foot pro, nous offre ses airs de guitare, joue les guides, les professeurs de langue (géorgien, russe, turque…) et de dames (8 fois champions d’Adjara comme il aime à nous le répéter !). Sa femme nous régale de ses petits plats à tous les repas ! On finit par se sentir comme à la maison et le départ de ce petit foyer est difficile. Un grand merci à vous, on ne vous oubliera pas !

A Batumi, « ville-casino » du bord de la mer Noire, nous devons prendre une assurance pour notre maison roulante (négociée à 50 dollars pour un mois). Malheureusement, notre CB se fait avaler dans un DAB et nous attendons 4 jours sur place avant de pouvoir la récupérer ! Cela nous laisse le temps de découvrir la ville qui recèle quelques jolis quartiers mêlant buildings ultramodernes et souvenirs « Belle Epoque ».

Le boulevard longeant le bord de mer vaut bien une promenade de nuit…

Nous quittons enfin la côte pour nous diriger vers la ville de Kutaisi par le biais d’une route (défoncée) qui parcoure les montagnes du Petit Caucase. Mais on subit une grosse tempête de neige pendant la nuit qui rend notre départ le lendemain matin franchement difficile…

La neige continue à tomber nous obligeant à creuser 2 fois pour nous sortir de situations délicates…

Jamais 2 sans 3… Cette fois, on ne s’en sortira pas comme ça ! Pris au piège sur une chaussée en dévers on créée un bouchon des deux côtés de la route et on ameute les pompiers qui nous sortent de là avec un treuil ! 10 minutes plus tard deux avalanches s’abattent sur la route, la recouvrant de 10m de neige…Merci à l’équipe de nous avoir sorti de ce mauvais pas dans la joie et la bonne humeur!

Nous décidons de faire demi-tour car un col infranchissable s’annonce quelques kilomètres plus loin. La neige cesse de tomber et on admire enfin le paysage le long de la vallée.

De retour à Batumi (dur dur d’avancer !), on prend la route côtière plein nord pour aller vers la région de Svaneti. On découvre les beaux paysages du bord de la mer Noire sous la neige.

Dans la région de Samegrelo, on suit une très mauvaise piste qui nous emmène au bout du monde où on est invités à passer la soirée dans la famille de Tamari, 17 ans et Levani (Léon en géorgien), 15 ans. Aidés de leur grand-mère, de leur papa, et de leur cousin Giorgi, 8ans, ils nous offrent un repas typique accompagné de vodka artisanale (60°C) et de vin maison. Une soirée haute en couleurs !

Le lendemain, c’est dimanche. On passe la journée ensemble à dévaler les pentes enneigées sur notre luge, à partager des repas gargantuesques et à suivre nos guides du jour vers de pittoresques églises et des grottes secrètes… On échange des conversations intéressantes dans lesquelles on comprend notamment que ces jeunes sont totalement tournés vers l’Europe et idéalisent nos modes de vie. On gardera un très beau souvenir de ce week-end passé ensemble. Merci !

Nous reprenons notre route et admirons les montagnes du Caucase qui commencent à se dessiner au loin.

On bifurque vers Taia où l’on espère voir un monastère. Les routes sont affreusement mauvaises : on slalome entre les « trous d’obus », les dos d’ânes violents jamais annoncés, les animaux de la ferme qui se promènent librement et pour couronner le tout, on évite les accidents avec les géorgiens qui sont de très dangereux conducteurs… La Géorgie passe n°1 de notre classement « mort au volant » ! Aperçu de l’état de nombreux véhicules locaux…

Finalement, la route menant au monastère s’avère trop enneigée et on profite d’une superbe journée ensoleillée pour tenter d’ascensionner les contreforts du Caucase pour le rejoindre à pied.

On parcoure à nouveau les pistes de Samegrelo et on découvre avec plaisir les maisons de la région au style très charmant !

Au détour de l’un de nos bivouacs, nous sommes invités pour un petit déjeuner chez une famille du coin. On tombe sous le charme de ce joli couple dont on comprend (avec nos 3 mots de russe) qu’ils se sont rencontrés alors qu’ils travaillaient tous les deux dans un «zoo ». En partant, nous sommes couverts de cadeaux (citrons du jardin, confitures maisons…). Merci !

Enfin nous entrons dans le Svaneti et attaquons les virages et les tunnels pour suivre la vallée de l’Enguri et nous diriger au cœur de cette région pittoresque.

Nous bifurquons dans la vallée de la Dolra pour nous rendre à Mazeri, dernier village avant les impressionnants et dangereux pics jumeaux d’Ushba (4700 m). La vue du haut de ce bourg pittoresque est magnifique ! A l’occasion d’une ballade matinale, on se fait attraper au vol par les membres d’une « association d’hommes du village » pour un brunch local : patates sautées au gras de porc accompagnées d’un verre de vin. Aussi sympa qu’inattendu !

Nous reprenons la vallée de l’Enguri pour atteindre Mestia. Ses différents hameaux sont célèbres pour les nombreuses tours défensives qu’ils abritent. Il fut un temps où la vie était très rude ici et la région n’était pas gouvernée. Les habitants vivaient en clans et construisaient des tours de repli en cas d’attaque.

Nous avons pu grimper dans l’une d’elle et visiter une maison qu’une famille du coin a conservée telle qu’elle était à l’époque où la famille vivait autour du patriarche, avec les animaux de la ferme pour chauffage… Une véritable machine à remonter le temps !

Malheureusement, le col de Zagar (2623m.) qui permet de redescendre dans la région basse par l’autre versant et d’apercevoir le mont Shkhara culminant à 5193m, est infranchissable à cette saison. On se voit dans l’obligation de faire demi-tour une fois encore !

On se rend à Kutaisi, deuxième plus grosse ville du pays, où l’on va bivouaquer sur le parvis de la cathédrale Bagrati dominant la ville, superbe au coucher du soleil.

La ville bâtie autour de la rivière Rioni dévoile timidement ses charmes lorsque l’on prend le temps d’arpenter ses rues. Le marché couvert est joliment coloré et on y trouve toutes les spécialités locales (ici des churchkhela, chapelets de noix enrobées de caramel de jus de raisin).

Nous partons ensuite à la découverte de la grotte de Prométhée. Impressionnante dans ses dimensions (1,4 km) et magnifiquement mise en valeur par un jeu de lumières, la visite vaut vraiment le détour ! En été, on peut arpenter le lac sous-terrain en bateau et même y faire de la plongée !

On profite de cette journée printanière (qui fait du bien !) pour visiter aussi les monastères de Gelati et Motsameta.

On va ensuite prendre un bol d’air (beaucoup plus) frais à Borjomi, station balnéaire huppée célèbre pour son eau minérale pétillante. On brave le froid et les kilomètres pour aller se jeter dans la source naturellement chaude à 30°C. Notre pompe ne fonctionnant toujours pas, ça ne nous fait pas de mal !

Nous traçons maintenant la route vers l’est. Traversée de Gori, ville de naissance de Stalin (la dernière statue de l’enfant du pays a seulement été retirée en 2010 !) puis arrêt à la cité troglodyte d’Uplistsikhe. Bâtie au XIème siècle av JC, elle surplombe les méandres de la rivière Mtkvari et offre un superbe panorama sur la plaine.

A Mtskheta, on se plonge dans le cœur spirituel de la Géorgie. C’est ici que le christianisme a été amené par St Nino en l’an 327, convertissant la Géorgie qui devient alors le second état officiellement Chrétien après l’Arménie. Du haut de son promontoire, l’église Jvari offre un magnifique panorama sur la confluence des rivières Mtkvari et Aragvi.

Quelques kilomètres plus loin, nous voici à Tbilisi, petite capitale d’1,1 millions d’habitants. On repère le mont Mtasminda dont la grande roue et l’antenne TV dominent la ville. Le lieu, boisé, nous semble un bivouac parfait. On trouve effectivement un super coin pour s’installer et on n’est pas les seuls à avoir eu cette idée ! Charly et Adrianna, un couple de polonais de retour de 6 mois en Mongolie et Asie Centrale a déjà installé « Rudolff », leur van aménagé (pour suivre leur périple, www.rudolff.blog.pl)). On passe 3 soirées vraiment cool ensemble à partager rires, expériences et infos. Merci à vous pour ces bons moments.

La journée, on empreinte les funiculaires et télécabines qui relient les différentes collines de la ville pour aller à sa découverte. La capitale est plutôt agréable. Malgré une architecture globalement massive (héritage soviétique), elle a su conserver quelques quartiers pittoresques.

Elle est aussi aérée par des espaces verts bien entretenus et des œuvres d’art moderne de bon goût. Un séjour vraiment sympathique.

Nous décidons à présent de rejoindre l’Arménie par la route de l’ouest. Le destin nous met encore une fois des bâtons dans les roues et nous oblige à faire demi-tour à cause d’une route fermée, trop abimée par la neige. Deux bonnes heures de perdu pour contourner l’obstacle…

Le 4 mars, notre petit lord d‘amour fête ses deux ans. On commence la journée avec des descentes de luge endiablées sur une ancienne piste de ski.

Puis, papa improvise un gâteau au citron cuit à la casserole ! Beaucoup mieux réussi que le « flan » des Alpujaras de l’an passé… On trinque au « champagne » géorgien avec les copains et la famille, Léon passe l’épreuve des bougies avec succès !

En route vers la frontière arménienne, on retrouve les reliefs et le froid. Les lacs sont gelés, les couchers de soleil splendides !

A Poka, nous sommes accueillis dans la maison d’une famille. On comprend rapidement à leur froncement de sourcils face à nos baragouinages géorgiens qu’ils sont en réalité arméniens ! Léon sympathise très vite avec Hani, 4 ans. Tous les deux s’éclatent et sont ravis de se retrouver le lendemain matin pour le petit déjeuner (où Hugo teste le poisson cru, conservé au sel …).

La vie semble rude dans la région. Les habitants sont tous fermiers. Il fait très froid en hiver. On découvre pour la première fois des gens qui se chauffent à la bouse séchée

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Sans transition, et avant de passer la frontière, un florilège d’Art2Rue géorgien.

Vous entendrez à nouveau parler de ce pays accueillant à notre retour d’Arménie. En attendant, nous vous souhaitons un beau passage vers le printemps tant attendu !

Narkhvamdis !

5 Des réflexions sur “Géorgie – partie 1

  1. Splendides photos et paysages !!!!!
    Toujours et encore Bravo les jeunes !!!!!
    Par contre le bermuda dans la neige c’est moins top…..??…..??? N’est-ce pas Hugo !!??!!!!???…. que notre petit Léon grandit…!!!!! Qu’il est beau. ..
    Nous attendons avec impatience de vous retrouver tous les trois.
    Bisous. Bisous. Bisous de nous deux et de tous les amis qui vous aiment

    • Merci la famille !!!

      Vous nous manquez et Léon vous réclame souvent
      A bientot les parents !!

      Bisous de Lord Léon et ses parents

  2. Je le redis encore c’est toujours un immense plaisir de suivre vos aventures.
    Je suis éblouis par la lumière de vos photos, vos sourires intenses et communicatifs.
    Toutes ces rencontres sont d’une telle richesse, vous avez de la chance mais vous la méritez tellement.
    A bientôt
    Et merci merci de nous faire voyager
    Gros bisous à Léon pour ces 2 ans (il a en fait 1an et 1 jour de plus que Luana)
    Bisous

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