Turquie – partie 3

Guneiden !

La route que nous suivons entre Demre et Finike est superbe. Chaque virage révèle une nouvelle crique aux eaux turquoise.

Nous arrivons à Çirali où nous avons la surprise de rencontrer une famille de savoyards en « demi tour du monde » en cellule de vie avec leurs deux filles (pour découvrir leurs aventures, rendez-vous sur https://demitourdumonde.wordpress.com/ ). On passe un moment ensemble sur la belle plage d’Olympos à partager nos expériences respectives. Léon est ravi de trouver deux copines !

Alors que nos compatriotes continuent leur route de retour, nous partons à la découverte du site antique grec d’Olympos dont les vestiges sont parsemés le long du lit d’une rivière. Le cadre est très beau.

A la nuit tombée, équipés de nos frontales, on part à l’ascension du mont Chimère où nous attend un phénomène géologique incroyable : des flammes éternelles jaillissent de la roche depuis des millénaires. Une libération de méthane qui s’enflamme spontanément au-delà de 500 m d’altitude et qui aurait inspiré le mythe de la Chimère…

Nous quittons la douceur du littoral pour nous aventurer dans les montagnes enneigées qui entourent la ville d’Antalya.

Le site archéologique de Termessos est situé en plein cœur d’un parc national et nous offre une magnifique promenade à travers des vestiges dispersés dans une nature sauvage. Les grecs avaient décidément l’art de choisir les plus beaux endroits pour s’installer…

Nous emmenons ensuite notre petit Lord découvrir les cascades de Düdenbasi et de Kursunlu dont les cours d’eau iront se jeter dans le golfe d’Antalya.

A Antalya, nous sommes censés récupérés une nouvelle pompe à eau envoyée par Vincent qui a finalement eu un problème d’approvisionnement. Nous faisons alors la connaissance d’Hakan, un truc qui a vécu 16 ans en France et qui est revenu s’installer ici avec ses frères et sœurs pour se lancer dans l’hôtellerie et la restauration (https://antalyainnhotel.com/). Il a la gentillesse de nous prêter non seulement une adresse de réception pour la pompe mais aussi une chambre dans une pension en plein cœur du vieux centre, en attendant la livraison ! Ensemble, on partage des instants supers sympas.

On profite de l’attente pour découvrir Antalya pour laquelle on a un vrai coup de cœur. La ville se situe à flanc de falaise, dans une baie entourée par des pics enneigés. Les maisons ottomanes du vieux centre (kaleiçi) pavé et fortifié sont magnifiquement restaurées. De nombreuses boutiques d’artisanat n’enlèvent rien à son charme ! Pour parfaire le tout, c’est très vert et bien entretenu ! Hakan nous prête même des vélos pour sillonner la ville. Léon prend son pied !

Le « Kaleiçi » vaut aussi le détour by night…

Un petit musée privé situé dans une belle demeure typique permet entre autre de découvrir une série de photos de marchands ambulants d’Antaya au IXème siècle. Ici, le vendeur de Simit (brioche ronde au sésame que tout le monde adore) et le vendeur de foie !

Après une super semaine à la cool, nous devons quitter Hakan et Antalya (bien que notre colis ne soit toujours pas arrivé) car notre amie Laura arrive dans une semaine à Kayseri, à 600 kilomètres de là. Un énorme merci Hakan, pour tout ce que tu as fait pour nous. Nous faisons sur la route, un arrêt à Aspendos qui abrite le théâtre romain le mieux conservé d’Asie mineure

Nous bifurquons vers le nord et retrouvons la neige.

A Konya, on se plonge dans la plus importante culture musulmane du pays. La ville abrite le mausolée de Mevlana (un mystique persan soufi, fondateur de l’ordre des derviches tourneurs), et est empreinte de l’art seldjoukide.

C’est là que nous sommes reçus dans la famille de Kadriye. Avec son mari et ses 3 enfants, elle a quitté la France où ils vivaient depuis plus de 20 ans pour revenir vivre en Turquie et se rapprocher de sa famille. Nous vous remercions pour votre accueil chaleureux et vous souhaitons bonne chance dans cette nouvelle aventure !

Sur la route entre Konya et Aksaray, on subit une première très grosse vague de froid. La brume nous empêche de voir à plus de 50 mètres, les températures descendent très bas et tout est gelé ! Ca pique ! Heureusement, nos nouvelles batteries tiennent le coup et il fait bon dans notre maison…

D’Aksaray, nous prenons la direction d’Ilhara et de sa vallée troglodytique. Les grandes plaines commencent à laisser place aux reliefs.

A Selime, on met un premier pied dans les paysages de Cappadoce, cette région féérique formée il y a des milliers d’année par les éruptions volcaniques, l’eau et le vent. Le tuf, roche rendue tendre par l’érosion forme naturellement un paysage biscornu composé entre autre de colonnes naturelles appelées « cheminées » de fée. Cette roche a aussi été creusée par l’homme pour y installer des villages troglodytes. On peut y visiter de nombreuses églises avec des fresques encore très bien conservées.

En continuant le long de la vallée, nous découvrons l’impressionnant canyon d’Ilhara.

A Guzelyurt, on fait notre première descente dans une ville souterraine creusée dans ce même tuf. Les passages sont étroits et très profonds. Claustrophobes s’abstenir !

En ressortant, nous empruntons le chemin qui mène à travers cette vallée appellée « la vallée des monastères ». Un grand nombre d’églises sont à découvrir derrière les parois…

La neige est bien présente mais le soleil aussi ce qui rend le climat plutôt agréable et créée des paysages contrastées absolument superbes.

A l’approche du parc national de Göreme, la zone la plus touristique de la région, les décors se font de plus en plus grandioses et on s’aventure en 4×4 sur les pistes pour approcher ces formations géologiques extraordinaires.

Nous sillonnons les routes de la région à la rencontre de tous ces endroits incroyables. Promenade entre les cheminées de fée dans la vallée de Zelve…

Quelques ressemblances frappantes…

Nous quittons un temps la Cappadoce pour aller chercher Laura à l’aéroport de Kayseri. Là, on trouve la luge que l’on cherche depuis de semaines ! Une luge à l’ancienne, sans freins. Ca sent la gamelle !

Nous retournons en Cappadoce pour lui faire partager nos découvertes et prenons le pass musée (45 TL c’est-à-dire environ 12 € par personne) qui permet d’accéder à presque tous les sites payants du coin. Très avantageux. Entre temps, les fortes chutes de neige ont transformé le paysage.

Nous voilà de nouveau en mode spéléologie dans les cités souterraines de Kaymakli et Derinkuyu. Celles-ci, plus touristiques et donc plus balisées que celle de Guzelyurt, n’en sont pas moins incroyables de par leur étendu, leur profondeur (87m), et la taille des pièces creusées dans la roche. Frissons garanties dans les petits boyaux qui mènent dans les recoins. Difficile d’imaginer que des gens aient choisi de vivre ici. Léon, lui, évolue dans un monde adapté à sa taille…

A l’occasion d’une dégustation de pâtisseries dans un salon de thé, on sympathise avec l’équipe qu’on initie au jeu des 15 pierres (jeu de logique enseigné par Nurettin à Oludeniz).

Le jour suivant, le temps n’est toujours pas au beau fixe. On entre donc dans l’immense cathédrale taillée dans la roche de Çavusin.

Puis on va découvrir le travail dingue des petites mains qui fabriquent de superbe tapis à Avanos où nous sommes très bien accueillis avec comme toujours, un thé bien chaud. Détour fortement conseillé si vous passez dans le coin ! ( http://www.sentez.com.tr/c_avanos.php )

La neige cesse enfin de tomber mais il fait un froid de canard. On se gèle littéralement les meules ! On en profite pour aller voir le site troglodytique de Zelve.

Puis on en prend plein les yeux sur le site de Göreme où se succèdent églises et monastères troglodytes. Tout est gelé, ça glisse un max !

Nous roulons ensuite vers Gülşehir où l’on assiste à un beau coucher de soleil sur la rivière.

 

 

 

Le matin, Laura goute à l’hospitalité turque avec une traditionnelle invitation à boire le thé après notre réveil près d’une maison.

 

 

Nous partons visiter le Palais ouvert dans un froid sec mais ensoleillé.

On profite de cette dernière journée pour aller voir la forteresse d’Uçhisar taillée dans la roche et regarder la nuit tombée sur la ville semi troglodyte d’Ortahisar…

Et il est déjà l’heure pour Laura de retourner à ses obligations en France. Un grand merci pour ta venue qui nous a apporté une bouffée d’amitié, de rires et d’émotions. Léon réclame déjà sa « tatiiiie » !

De notre coté, il nous faut avancer ! Dans 13 jours nous devons avoir quitté le territoire sous peine de devoir demander un visa. On se dirige tout droit vers Malatya d’où nous espérons pouvoir accéder au Nemrut Dagi et à ses têtes géantes sorties de la montagne. Malheureusement, l’endroit est inaccessible à cette saison. Nous traversons donc le célèbre fleuve Euphrate pour nous rendre à Erzurum.

Le froid est de plus en plus sévère et les chutes de neige s’accentuent, à tel point que l’on reste bloqué 2 jours par la neige dans la bourgade de Bingöl.

Nous voici à nouveau sur les routes. Admirez le travail des déneigeuses ! (je précise qu’Hugo comptait échapper à la vigilance de la police en s’enfuyant en pleine nuit ! On ne serait sûrement pas allé bien loin…)

Le soir suivant, alors que l’on cherche un bivouac de nuit, Hugo s’embourbe dans la neige sur le bas côté de la route. Malgré toutes ses manœuvres (plaques à sables et 1h30 de coup de pelle pour déneiger), rien n’y fait. On se voit déjà dormir complètement de travers en attendant le matin. On est finalement tirés de là par un tracteur… Immense Merci!

Alors que l’on s’arrête à Erzurum pour aller à la pêche aux infos au consulat iranien et (enfin !) récupérer notre nouvelle pompe à eau, on fait la connaissance d’Ersin, jeune médecin urgentiste et de sa compagne Dilek, étudiante infirmière. Le couple nous accueille dans son appartement le temps d’un week-end. C’est l’occasion pour nous de découvrir un tout autre regard sur la Turquie. Cette jeunesse moderne, progressiste, non pratiquante se sent en insécurité et a soif de liberté et d’égalité. Elle exècre la prédominance de la religion dans le quotidien, les mœurs et les comportements des turcs, la place de la femme encore trop souvent caricaturale, le jugement que la population peut porter sur les gens qui décident de ne pas entrer dans le moule… Ils projettent de déménager dès que possible pour construire leur vie dans un pays qui leur offrira liberté, justice et égalité. Merci encore pour votre accueil et bonne chance !

Un redoux momentané nous offre un cadeau (empoisonné) tombé du ciel : un énorme bloc de glace s’échoue sur notre voiture. Tôle froissée et capot moteur cassé. La malchance nous poursuit…

Nous roulons plein nord et nous faufilons entre la chaîne de montagnes qui longe la mer noire pour nous rendre en Géorgie. De magnifiques paysages nous accompagnent jusqu’à la sortie.

Arrivés à Hopa, nous découvrons les champs de thé en terrasse qui, paraît-il, bordent une grande partie de la mer noire.

Comme s’ils ne voulaient pas nous laisser partir, les douaniers turcs décident de nous faire perdre trois heures en nous envoyant faire une petite séance de rayons X ! Cadeau de départ…

Avant de conclure, nous vous faisons partager nos découvertes Art2Rue de cet épisode.

Et voilà, la Turquie c’est fini ! Après presque 3 mois dans le pays, nous pensons avoir eu un bon aperçu sur pas mal de choses. Nous retiendrons évidemment la beauté et la variété des paysages, la gentillesse et l’hospitalité incroyable des habitants à notre égard, la gastronomie gourmande et savoureuse… Nous nous souviendrons aussi de l’empreinte très importante de la religion sur le quotidien d’un pays « laïque » et d’une ségrégation trop souvent prégnante des genres. Nous garderons aussi en mémoire les paroles de beaucoup, effrayés au regard de la politique du gouvernement actuel et de l’avenir incertain de leur pays…

Teşekkür Ederim Türkiye !  Güle güle !

 

10 Des réflexions sur “Turquie – partie 3

  1. Bravo pour cette description de la Turquie oscillant entre modernisme et traditionalisme. Paysages époustouflants, accueil turque toujours aussi chaleureux. Bravo pour vos notes historiques, maintenant direction la Géorgie que je ne connais pas ( à mon époque on pouvait difficilement y accéder) Je vous souhaite d’aussi beaux paysages et surtout une bonne météo.
    J’attend la suite pour faire un article sur les aventures de Lord Léon vers pâques.
    Bonne suite du voyage
    Christian

    • Salut Christian !

      Un grand merci pour ton message.
      J’imagine effectivement que tous ces pays ex-soviétiques étaient bien moins accessibles qu’aujourd’hui. Malheureusement, encore quelques pays restent très attachés à une bureaucratie complexe (comme le Turkmenistan où il est quasiment impossible d’avoir un visa de tourisme).
      Les pays du Caucase valent le détour. Encore très sauvages et peu touristiques, ce sont vraiment des destinations idéales quand on veut voyager hors des sentiers battus. Et ce doit être encore plus agréable en été !
      On t’embrase ainsi que Joëlle et on est impatients de lire de nouvelles lignes de ta plume.

      A bientôt !

  2. Très beau reportage et article. La Turquie pourtant proche et si peu connue. Les régions sauvages sont magnifiques et la culture si intéressante. Bonne route à vous 3 et au plaisir de se croiser si cela accorde prochainement.

    • Merci pour ton message !
      En effet ce serait vraiment sympa de se voir en Asie centrale (espérons que les temps de vol et les tarifs soit pas trop lourd)
      A bientot

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