Mongolie – partie 1

Sainbainauu !

Le 7 septembre, nous entrons sur les terres sauvages des cavaliers mongoles.

En réalité, nous entrons par l’Altaï, région montagneuse habitée par des peuples kazakhs, dont la culture est, paraît-il, la mieux conservée de tous les peuples kazakhs. Leurs habitations traditionnelles sont faites de terre crue et isolées par un tapis.

Nous empruntons la piste qui mène vers le parc national Altaï Tavan Bogd  et le pic Khuitan, le plus haut sommet de Mongolie (4374m). Nous longeons de larges vallées à travers lesquelles ruissellent des eaux fraiches. On est immédiatement plongés dans la solitude des grands espaces…

Nous découvrons aussi la rudesse de la vie des locaux installés dans des lieux très isolés au climat continental froid, où les températures au mois de septembre ont déjà drastiquement chuté (0C°,-10C°). Les terres nues et peu hospitalières se prêtent mal à la culture et le seul moyen de se chauffer consiste à ramasser toutes les bouses de leurs énormes troupeaux (vaches, yaks, chèvres cachemires, moutons, chevaux et chameaux).

Nomades, les mongols ont un mode de vie ancestral quasi inchangé depuis des millénaires (mise à part l’arrivée de la moto et de la télé !). Ils vivent dans des yourtes (qu’ils nomment guer), des tentes de feutre qu’ils déplacent en même temps que tout leurs troupeaux de 2 à 4 fois par an,selon les ressources en herbe pour les animaux. Après la chute de l’URSS et des années de restrictions, le pays a connu un retour massif au nomadisme ainsi qu’à toutes ses traditions et spiritualités, encouragé par les nouveaux gouvernements élus démocratiquement.

Le soir de notre premier bivouac, le ciel, capricieux, révèle en l’espace de quelques heures toute la beauté dont il est capable.

La route est longue car les pistes du  pays, fidèles à leur réputation, sont très très mauvaises ! Cailloux, rochers, tôle ondulée, ornières… Notre vitesse de croisière (cahoteuse) oscille entre 20 et 70 km/h… Il faut en plus s’accommoder des dizaines de pistes qui partent dans tous les sens car lorsqu’une voie devient trop mauvaise, les locaux en créent une nouvelle. GPS et boussole fortement conseillés ! Au final, 2 jours et demi pour parcourir 140 bornes ! Pas mal…

En prime, les chocs à répétition ont raison de notre organisation dans la cellule et nous ne comptons plus les casses et chutes qui nous obligent à chaque arrêt, à tout (re) (re) nettoyer de fond en comble…

Marmottes bien grasses, sousliks à fourrure soyeuse et autres rongeurs s’occupent de nous distraire en chemin. On croise même quelques chasseurs s’apprêtant à se faire un festin de marmotte, véritable friandise que les mongoles dégustent… en dessert !

En chemin, nous nous arrêtons observer des pétroglyphes gravés dans un site superbe il y a des milliers d’années.

A mesure que nous avançons, les lacs d’altitude parsèment notre route et les sommets blanchissent…

Grosse déception lorsque nous arrivons enfin à la station de rangers. Notre ticket d’entrée au parc ne suffit pas pour continuer vers les sentiers de randonnée. Les sommets frontaliers de la Chine ne s’offrent qu’aux possesseurs d’un « border permit » remis par les militaires d’Olgii… Aucune négociation n’y fait, nous devons faire demi-tour. On s’amuse quand même à observer la petite fille de la famille nomade installée ici qui promène son chaton comme une peluche !

Pour se consoler, on choisit de suivre au retour, une autre piste encore plus off road ! Les passages à gais se succèdent dans un décor magnifique. Les rivières commencent à être hautes et parfois c’est chaud !

Les couchers de soleil nous offrent chaque soir un spectacle différent puis laissent place à de superbes ciels étoilés.

Nous découvrons les balbals, ces pierres anthropomorphes datant de l’époque Türk (3ème siècle avt J.C. au 13ème siècle ap J.C.) et représentant des guerriers de l’époque. Des tumulus et tombes monumentales datent de la même période.

De retour sur « la route du Sud », nous longeons la chaîne de l’Altaï en direction du Gobi-Altaï. Un petit détour vers le lac très peu profond de Khar Us nous permet d’observer la faune dans ce paradis pour les oiseaux.

Nous suivons une jolie vallée en direction de la Chine pour nous rendre à la grotte de Khoid Tsenkher.

On se met en mode explorateur pour repérer sur les parois, les plus ancienne peintures rupestres de Mongolie.

A Altaï, on opte une fois de plus pour la solution « super off-road » et on bifurque par Biger et toute une série de petits villages perdus dans un espace qui devient de plus en plus désertique où l’on ne côtoie que quelques troupeaux de chameaux de Bactriane.

Alors que l’on s’arrête pour manger dans un café, on découvre les élèves de l’école d’un village affairés à leur tâche hebdomadaire : ramassage des kilos de sable ramenés inlassablement par les vents du désert. On fait aussi une rencontre très surprenante : Andy, un prof d’anglais américain en « mission » dans cette bourgade pour 2 ans ! En 17 mois de présence ici, il n’a jamais rencontré de touristes !

La route est longue car la qualité des pistes est très fluctuante. Les mongols ne nous facilitent pas toujours la vie comme ici, où ils creusent une tranchée de 2 mètres qui coupe la piste et nous oblige à rouler sur 10 km à même la steppe interrompue par les lits rocailleux des rivières!

Dans cet espace très sauvage se succèdent des zones nues à perte de vue, des canyons, des roches sculptées par le temps… Nous rencontrons quelques animaux sauvages dont notre premier troupeau de gazelle fuyant à une vitesse folle à l’approche de la voiture…

…mais aussi quelques nomades curieux qui osent nous rendre visite. Durant tout le périple, nous n’avons malheureusement pas eu de réelle occasion d’échanger longuement avec les locaux. Les mongols sont pourtant réputés pour leur sens profond de l’accueil mais ils sont aussi discrets et réservés. De plus, la barrière de la langue est très importante dans ce pays où il est  vraiment compliqué de retenir ne serait-ce quelques mots. De leur côté, les locaux ne parlent quasiment pas le russe et encore moins l’anglais ! Pourtant, les voyageurs que nous avons rencontrés ont pu témoigner du naturel avec lequel les nomades les ont invités à partager un repas ou une nuit en cas de grosse galère. Sur la photo, l’homme porte le deel, manteau traditionnel qui leur sert aussi de poche ventral pour y cacher leurs jumelles, provisions, bouteilles de vodka…

De jolies espaces ensablés commencent à faire leur apparition…

…avant d’arriver à Khongoryn Els, les plus hautes dunes du désert du Gobi. Le contraste entre les dunes de sable chaudes et arides et la verdure dense des alentours est saisissant !

On ascensionne ces pyramides atteignant jusqu’à 300 mètres de hauteurs pour admirer le superbe panorama. Ca y est ! On y est ! Le désert comme dans nos fantasmes…

En quittant les dunes, on engage une nouvelle course poursuite avec un troupeau de gazelles à queue noire. Sensations garanties !

On se perd à nouveau sur les pistes du Gobi pour rejoindre les falaises de feu de Bayanzag. Très beau au levé et au coucher du soleil, ce canyon rougeoyant est surtout réputé pour les innombrables fossiles de dinosaures et d’œufs qui y ont été découverts.

A défaut de dinosaure, on s’éclate à observer les gerbilles préparant et transportant leurs réserves pour l’hiver !

Nous filons vers notre dernière étape du Gobi avant un retour brutal à la modernité à Oulan Bator : le canyon de Yoliin Am. Cette jolie ballade (que l’on choisit de faire à cheval pour que Léon expérimente les sensations du cavalier mongol) descend à travers d’impressionnantes falaises qui, l’hiver venu, se pare de glace dans les gorges les plus étroites.

On croise les Pika, d’adorables rongeurs qui ont inspiré le personnage de Pikachu. Ces animaux protégés n’hibernent pas et préparent donc leurs réserves de foin pour l’hiver.

C’est sur ces images « too cute » qu’on vous laisse brièvement avant de vous retrouver très prochainement pour la suite de nos aventures dans l’empire de Gengis Khan !

Bayartai baina !

8 Des réflexions sur “Mongolie – partie 1

  1. Toujours aussi beau ces pays visités … L’espace est, dans le cas de la Mongolie, un mot qui prend tout son sens …..Bises a vous trois
    Le voyageur immobile vous remercie de le faire rever ……
    Gilbert

    • Salut Gilbert! C’est toujours un grand plaisir de savoir que tu suit nos petites aventures à travers le monde
      Tes messages nous touches beaucoup
      des bises

  2. Magnifique ! Je suis impressionnée par votre incroyable voyage qui nous embarque dans la magie de nos cultures et de ses différences. Vous êtes de vrais aventuriers…chapeau bas et admiration!

    • Que d’éloges! Ce serait avec joie de pouvoir vous accueillir dans notre maison roulante, Si l’envie vous prend ou que nos routes se croisent, la porte vous sera toujours ouverte.
      Des bisous a vous tous

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