Thaïlande – partie 2

Bonjour à tous ! Sawadikaaaaaa !

Veuillez nous pardonner un petit anachronisme mais cela simplifie le déroulement de nos articles ! Revenons donc à la date du 25 février : de retour de nos pérégrinations cyclables, on accueille à Bangkok nos amis Melvin, Laura et Kevin. Tuk tuk, songteo, taxis, bateaux… tous les moyens sont bons pour les plonger au cœur de l’agitation de Bangkok. On en profite pour les mettre au parfum des spécialités locales. On ne peut pas quitter la Thaïlande sans avoir gouter un p’tit criquet ou un ver bien gras…

On tente de leur faire oublier la laideur et le bruit perpétuel des boulevards de la mégapole (qui, il est vrai, laissent une impression marquante lorsqu’on est seulement de passage ici) et on se rend dans le quartier historique de Bangkok.

La visite du Grand Palais, résidence des souverains du Siam fondée en 1782 par Rama 1er (premier roi de la dynastie actuelle) ne revêt que très peu d’intérêt car les bâtiments sont fermés aux visiteurs. En revanche, on peut passer plusieurs heures à admirer la fresque qui orne le mur d’enceinte ainsi que les innombrables temples travaillés, détaillés, dorés, flamboyants, clinquants… partageant les lieux. Au centre, le Wat Phra Kaeo renferme la fameuse statue du Bouddha d’émeraude (en réalité fait de jade) offerte d’abord au souverain de Chiang Mai puis emmenée à Luang Prabang au Laos, puis à Vientiane, puis récupérée à nouveau par les siamois pour terminer ici. Vous suivez toujours ?

A quelques centaines de mètres au sud, on pénètre dans le Wat Pho qui abrite un superbe et immense Bouddha couché, c’est-à-dire sur son lit de mort, sur le point d’accéder au Nirvana. Ce lieu est aussi le berceau du massage thaï et héberge une école très réputée d’apprentissage.

Après moult rebondissements, il s’avère que les trains couchettes pour descendre à la frontière Malaise sont pleins pour les 3 prochains jours. Qu’à cela ne tienne ! On embarque dans une voiture de loc’ direction le Parc National Khao Yai. Note aux voyageurs : à plusieurs, la location d’une grande voiture s’avère vraiment bon marché en Thaïlande et en Malaisie (environ 35 euros par jour). Il ne faut cependant pas craindre de prendre la route à gauche !

On fait un premier arrêt aux 7 cascades de Chet Sao Noi qui offrent la possibilité de prendre un bain appréciable en cette période de chaleur.

Puis on se dirige vers l’entrée nord du parc où on assiste, au coucher du soleil, à la sortie de millions de chauve-souris partant en chasse. Le spectacle dure près d’une demi-heure. Incroyable !

Le lendemain, à l’aube, nous voici arpentant les sentiers du parc pour nous immerger dans la vie sauvage. Le parc compte près de 70 espèces de mammifères dont des éléphants, léopards, tigres, macaques… On espère au moins en croiser quelques unes…

Perchés dans nos observatoires, on attend patiemment l’arrivée des pachydermes qui ne daigneront pas pointer le bout de leur trompe ce jour là. Déçus, nous partons le long de la rivière à la recherche du croco. Et après des heures de patience, on finit par le trouver, euphoriques ! On surprend même la langue fourchue d’un beau serpent.

En prime, au bout du chemin nous attend la cascade Haew Suwat, célèbre pour le plongeon de Leonardo dans le film La Plage.

Les insectes et autres petits animaux sont au paradis dans cette région. Et on ne se lasse pas de les photographier !

Nous nous éclipsons une dizaine de jours en Malaisie (cf article) pour mieux revenir mi avril et remonter doucement la côte du golf du Siam.

Le train nous arrête à Chumphon d’où nous embarquons pour Koh Tao, la fameuse île des plongeurs. Un peu réticents au départ à l’idée de trouver un nid à touristes, on est vite réconfortés en enfilant un masque et un tuba : on découvre des fonds sous marins extraordinaires à deux brasses des plages de sable fin. Les poissons multicolores dansent autour de coraux aux formes extravagantes, jouent à cache-cache dans les anémones et nous invitent à les suivre vers le large. Elo s’offre un baptême de plongée et réalise ainsi un rêve de gamine !

Lorsque l’on sort la tête de l’eau, c’est pour monter sur un scoot (imaginez la joie de Léon !), et grimper sur des perchoirs pour admirer des panoramas de rêve !

C’est avec regret que nous quittons notre petit paradis marin. Nous remontons dans le train et nous arrêtons quelques centaines de kilomètres plus au nord dans la petite station balnéaire de Prachuap Khiri Khan. Perché sur un petit mont, un temple est véritablement devenu le territoire d’un gang de singes qui, forts de leur ruse, ont réduit notre reflex au silence. Aïe !

Nous voici de retour à Bangkok, le temps d’un repas entre amis. Nous louons à nouveau une voiture pour partir cette fois vers l’ouest puis le nord de la Thaïlande.

Première étape au pont de la rivière Kwaï. Reliant la Thaïlande à la Birmanie, cette « voie ferrée de la mort » a été bâtie pendant la 2nde Guerre Mondiale par des forcenés sous les ordres de l’Armée Impériale Japonaise. Les conditions de travail atroces entrainent la perte de dizaines de milliers de vies lors des travaux.

Nous nous rendons ensuite au parc national d’Erawan où une série de cascades aux eaux cristallines se jettent dans d’immenses bassins dans lesquels on peut se baigner. Les poissons voraces nous offrent en prime une « fish pedicure ». La sensation est… troublante !

Un grand nombre de papillons d’espèces variées ajoute une touche féérique aux lieux.

Nous prolongeons le plaisir dans le parc pour entrevoir les formes fantasmagoriques d’une grotte, à la lueur d’une lampe à pétrole !

Nouvelle bifurcation plein Est pour nous rendre à Ayutthaya où, truc de dingue, nous rejoignons un autre couple d’amis qui a réussi à organiser sa venue dans cette même période. C’est tellement bon de tous se retrouver sous ces latitudes !

On enfourche des vélos pour partir à la découverte des temples d’Ayutthaya, dissimulés un peu partout au milieu de la ville moderne.

Ces temples classés à l’UNESCO sont les vestiges du royaume d’Ayutthaya fondé en 1350 par le roi U-Thong. Après une apogée aux XVII/XVIIIème siècles le classant parmi les plus grandes cités du monde, elle est détruite en 1767 par l’armée birmane et perd son rôle au profit de Bangkok.

Melvin doit nous quitter à regret pour rentrer en France. C’est donc à 6 que toute la bande poursuit son périple, direction Chiang Mai, capitale du royaume de Lanna à partir de 1296 puis occupée parfois par les Birmans, parfois par les Lao avant d’être rattachée au royaume du Siam au XVIIIème siècle. La ville se caractérise par ses murs d’enceinte bordés par des canaux ainsi que par ses nombreux temples ! Il est vraiment agréable d’arpenter les rues charmantes de cette ville entourée de montagnes.

A bord d’un monospace, (il faut au moins ça maintenant !), nous partons vers les hauteurs de la ville et suivons les traces des fervents pèlerins dans les temples qui jalonnent notre route ; on en profite aussi pour s’octroyer un rafraichissement…

Le soir, on s’initie aux rudiments de la boxe thaï, sport sacré et empreint de nombreuses traditions qui dépassent la simple « baston ».

Puis on pousse un peu plus vers le nord encore, en direction de la frontière birmane. Nos chemins traversent à nouveau des plantations de thé, paysages dont on ne se lasse pas.

On se trouve des nuitées perdues au milieu des rizières. Juste le bonheur !

A deux pas de la frontière birmane, nous visitons le « chalet suisse » de Maeh Fah Luang, la mère tombée du ciel. Cette femme n’était autre que la mère de feu Rama IX et la grand-mère de l’actuel roi de Thaïlande. Nous découvrons l’histoire incroyable de cette roturière ayant épousé un prince et élevé ses deux enfants, qui n’étaient pas destinés à être rois, en Suisse. Dans les années 80, lors d’une visite dans le nord de la Thaïlande, elle découvre l’ampleur des dégâts dus à la culture de l’opium : déforestation, monoculture, addictions des ethnies montagnardes, violences, mortalité élevée… Elle se lance avec son fils cadet devenu roi, dans une lutte contre la drogue et, avec l’aide du gouvernement, parvient à éradiquer la culture du pavot pour la remplacer par une agriculture maraichère et fruitière.

Elle installe alors cette maison au milieu de ce gigantesque « chantier » et crée un jardin de fleurs « occidentales » pour que les thaïlandais puissent découvrir une flore différente, ainsi qu’un magnifique arboretum. Le « hall de l’inspiration » nous en apprend beaucoup sur la famille royale et nous aide à mieux comprendre la passion qu’ont voué les thaïlandais à leur défunt roi, le premier à réellement faire le bien pour son peuple.

On reste cependant un peu perplexes face à certaines déférences dues au roi telles que l’hommage avant une séance de cinéma, l’hymne nationale avec arrêt de tous obligatoire (même en plein footing dans un parc) tous les jours à 18h, les innombrables portraits affichés dans tous le pays… Et surtout, on est choqué de constater la différence de traitement judiciaire entre de vrais criminels et des citoyens coupables de crime de lèse-majesté. En 2007, un suisse a commis l’irréparable en taguant 5 portraits du roi. Pour cette insulte, il encourait 75 ans de prison ! Il n’a cependant écopé « que » de 10 ans puis a finalement été gracié par le roi et expulsé du pays. Quelles auraient été les conséquences si l’auteur du délit avait été Thaï ?

Changement de décor : avant de déposer nos amis Marie et Bertrand à l’aéroport de Chiang Mai et de rentrer à Bangkok, dernier décroché par le temple noir, un projet architectural complètement fou d’un artiste local. Depuis 30 ans, celui-ci crée une série de temples en bois superbement travaillés dans lesquels il installe un décor à la fois fascinant et inquiétant fait de peaux et d’ossements d’animaux divers. Le résultat est génial !

En parallèle, d’autres artistes tentent de rivaliser par leur créativité. Tout proche siège un temple blanc littéralement éblouissant, officiellement en fonction malgré l’apparition au sein de ses murs de créatures fantastiques telles qu’Alien, Predator, Spiderman et autres…

…et un temple bleu, plus sage sur le design mais dont les couleurs sont à la limite du psychédélique !

Après plus d’un mois de partage de découvertes, de rires et de galères, voici venu le moment des adieux. Laura et Kevin doivent retourner à leurs obligations et de notre côté, nous partons rejoindre les parents d’Hugo en Birmanie. C’est aussi le moment d’apporter une conclusion à toutes ces péripéties en Thaïlande. Au départ très méfiant à l’idée de découvrir ce pays, symbole du tourisme de masse à bas prix, nous avons finalement pu faire plusieurs constats :

  • Tout d’abord, ce n’est pas pour rien que ce pays est si touristique. Il y a réellement des merveilles à découvrir, la population est souriante et serviable, la nourriture bonne, le coup de la vie bas ce qui permet aux voyageurs à petit budget de profiter des bonnes choses au même titre que les autres.
  • Ensuite, on a été surpris de découvrir qu’il y existe encore de nombreuses possibilités d’éviter les touristes, en choisissant sa saison d’une part mais aussi en découvrant plein de petits trésors encore préservés des circuits touristiques. Même sur les îles !
  • Enfin, concernant la réputation sulfureuse de la Thaïlande, nous n’avons été que très peu témoins de l’ampleur du tourisme sexuel (hormis à Bangkok où il faudrait être aveugle pour ne pas le voir) car nous avons choisi d’éviter la prostitution ! Comme le scande une affiche du gouvernement, « nous sommes responsable de notre mode de tourisme ».

Pour terminer sur une note plus joyeuse, nous voulons vous présenter un aperçu des plus beaux spécimens de lézards, geckos et autres sauriens que nous avons eu la chance d’apercevoir en Thaïlande. Jungles, forêts, plages, grottes, lacs, cascades et même guest house sont devenus le théâtre de nos observations. Et on en est devenu complètement fan ! Hommage à ces véritables témoignages de la préhistoire et en particulier au gecko tokai. Coup de cœur général pour ses couleurs chatoyantes et son cri si particulier. Jugez-en par vous-même…

 

Bye bye ! Sawadikkkkaa !

 

4 Des réflexions sur “Thaïlande – partie 2

  1. Bisous les BB !
    On vous attend de pied ferme, la cave est pleine.
    Dans un mois on part en Géorgie puis Azerbaïdjan.
    Alain Michèle Pauline

    • Salut les Cura !!!

      Trop content d’avoir de vos news, dès qu’on rentre promis on passe vous voir.C’est pas encore pour demain…:)
      Vous allez vous régaler en Géorgie et Azerbaïdjan, on avais vraiment adoré !!!
      Gros bisous a vous et a bientot

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