Vietnam

Salut à tous ! Sin Tiao !

Le 10 janvier, nous entrons au Vietnam par la frontière de Hà Tiên. Nous nous rendons rapidement à Can Tho où démarre notre aventure cycliste à travers le labyrinthe d’arroyos, de marécages et d’îles du delta du Mékong. La ville accueille aux aurores un marché flottant qui semble malheureusement plus destiné aujourd’hui aux touristes qu’aux locaux…

Premiers coups de pédales pour quitter l’agglomération saturée de 2 roues, dizaines de kilomètres urbains puis enfin les premiers paysages de rizières fluos récompensent nos efforts.

Nous empruntons pour une bouchée de pain, les traversiers sur les bras de fleuve, nous évitant des détours gigantesques ou l’usage de ponts dangereux, noyés dans le flot colossal des scooters vietnamiens !

Le dédale de petites routes que nous empruntons nous laisse découvrir le verger du Vietnam, (et même de l’Asie du Sud Est !). Bananes, cocos, papayes, goyaves, fruits du Jacquier, fruits du dragon, ramboutans, fruits de la passion, fèves de cacao, longanes, caramboles, sapotille, mangues, tamarins, pamplemousse… Tout pousse sur cette terre fertile.

On découvre aussi la vie des locaux rythmée par un travail acharné dans les champs, les entreprises familiales de ramassage, calibrage et empaquetage ; mais aussi les usines à durian, ce fruit à la peau hérissée, à la chair jaune et à l’odeur repoussante adoré des asiatiques et qui se vend à prix d’or ! Les habitants ne manquent jamais de nous encourager et de nous offrir quelques fruits pour la route…

On marque parfois un arrêt à l’occasion d’une fête de village où l’on est invité à partager un verre de thé.

Dans cette végétation luxuriante, on peut apercevoir quelques habitats traditionnels en bois encore préservés. D’autres vietnamiens vivent directement dans leur bateau ou encore sur des maisons de fortunes flottantes.

Poulets ? saucisses ?

On s’accommode rapidement à la vie locale. On loge dans les Nhà Nghi, guest house à petits prix que l’on trouve partout, méconnues des touristes et au confort plus qu’acceptable ! En revanche, côté nourriture, on a du mal à se faire à la monotonie des phô, soupes traditionnelles dans lesquelles on peut trouver à peu près tout ce qui est possible et que les vietnamiens mangent matin, midi et soir ! On rencontre quand aussi parfois quelques « excentricités » culinaires…

Après environ 200 km d’efforts, nous atteignons Hô Chi Minh Ville que nous n’aurons malheureusement pas le temps de visiter pour cause de turista ! Notre petit Léon s’est fait de « nouvelles amibes » avec une bonne poussée de fièvre et un gros coup de fatigue. Par précaution, on l’emmène dans une clinique internationale où il est super bien pris en charge. Comme d’hab, notre assurance AVA couvre tous les frais (exorbitants soit dit en passant), sans aucun problème ! Entre 2 poussées de fièvre, notre aventurier en herbe trouve quand même le courage d’aller voir un spectacle traditionnel de marionnettes sur l’eau où il s’éclate !

En fin de journée, on embraque pour un premier long trajet en bus de nuit direction Hôi An. Spécialité vietnamienne : les sièges allongés au 3/4 en apparence idéaux pour dormir. Mais c’est sans compter sur les led kitchs allumées en permanence autour des fenêtres, la musique trop forte ou les navets de kung-fu diffusés jusqu’à 22h00, le manque de discrétion des locaux (vidéos, jeux ou skype sur le portable, raclements de gorge…), les plafonniers éclairés brutalement par les chauffeurs à chaque arrêt du bus ou encore les réveils à 3h00 du matin pour vous annoncer que vous êtes arrivés à destination (10 km du centre ville) alors que vous deviez soit disant y être à 6h00 ! Véridique!

Hoi An est une ville charmante, entrecoupée de canaux et dont l’architecture mêle harmonieusement temples et échoppes chinoises, maisons coloniales, maisons-tubes vietnamiennes et pont japonais.

Malgré la présence de très nombreux touristes, on parvient tout de même à saisir quelques scènes de vie…

…et il suffit de quelques coups de pédales pour s’immerger dans les abords ruraux de la ville et y trouver de superbes jardins de maraîchers.

Nous tombons sous le charme de l’œuvre du photographe français Réhahn qui a su saisir de superbes portraits des vietnamiens et qui fait un travail admirable de rencontre avec les ethnies du pays et de collecte de costumes traditionnels. Le tout est exposé dans une belle maison de la ville.

La nuit, des milliers de lanternes s’éclairent dans les rues, donnant à la cité une allure festive et chaleureuse.

Nous enfourchons nos vélos et repartons sur les routes surchargées du pays, en direction du nord.

Après le col des nuages (que nous décidons de franchir par le biais d’un tunnel), nous découvrons d’un côté, les eaux calmes et napées de brume de la lagune de Lang Cô…

…et de l’autre, le ressac de la mer de  dont les plages sont désertes à cette saison…

Le Vietnam, pays de la bicyclette par excellence dans notre imaginaire, a laissé place aujourd’hui aux mobylettes et aux scooters. 95 millions d’habitant sur un territoire n’équivalent même pas aux 2/3 de la France, ça donne un trafic saturé par des 2 roues totalement imprudents. Les voitures et poids lourds klaxonnent à chaque dépassement pour parer aux écarts imprévisibles des scoot’. Résultat, notre progression à vélo s’avère dangereuse (Hugo a eu 4 accrochages en l’espace de 15 jours) et s’accompagne du bruit incessant de klaxon, de poussière et de pollution. On adopte la mode locale…

Nous poursuivons notre avancée et longeons maintenant la lagune de …. , lovée au creux des reliefs.

En chemin, nous continuons d’observer la population affairés à leurs travaux : distillerie d’huile essentielle, labourage des champs, essaimage…

Le voyage à vélo c’est aussi la proximité avec les gens. Les pauses sont toujours l’occasion d’un échange bref mais amical, surtout pour Léon !

Arrivés à Huê, on file au palais impérial. Malgré quelques belles réminiscences du faste de la capitale du Vietnam des XIXème et début XXème siècle, nous sommes tout de même un peu déçus par l’ensemble qui nous parait un peu vide et décrépit…

Nouvelle courte nuit en bus avant d’être largués à Ninh Binh. On enfile les k-way et partons sous la pluie sur les petits chemins de cette « baie d’Along terrestre ». Dans la brume, les rochers karstiques plantés au milieu des rizières procurent une ambiance mystérieuse.

Ils abritent des grottes dans lesquelles sont installées de nombreux petits temples. Certains sont des lieux de cultes bouddhistes, d’autres sont simplement des autels dédiés au culte des génies ou des anciens. Au Vietnam, de nombreuses religions cohabitent : bouddhisme, christianisme, confucianisme, taoïsme… Ces religions sont toutes associées à des traditions animistes prédominantes.

De nouveau sur les routes, nous entamons la montée vers la capitale Hanoi. On se régale des superbes paysages de rizière et à la vue de ce travail acharné, on se demande comment ce petit grain blanc peut être un met aussi peu coûteux une fois dans nos assiettes occidentales…

Nous progressons à travers les pitons rocheux dans la fraicheur et la brume.

Nous constatons tristement la surexploitation des richesses naturelles du pays, non seulement en termes de culture mais aussi de minerais avec de nombreuses carrières de calcaires dont le sable ira remplir les bétonnières. En attendant, on mange de la poussière !

Nous arrivons dans la folle vie d’Hanoi dont les ruelles du vieux quartier débordent d’échoppent saturés de bazar.

Coincés entre deux boutiques, les petits temples anciens offrent un véritable havre de paix.

Nous nous rendons à la prison française de la capitale. Aujourd’hui transformée en musée, elle est un  témoignage de l’époque indochinoise durant laquelle les membres du Viet Minh, organisation communiste luttant pour l’indépendance du pays face au colonisateur français, étaient incarcérés ici. Malgré les violences et les sévices visant à casser leur patriotisme, la prison etait devenue un lieu de ralliement, d’éducation et de diffusion des idéaux communistes.

Après l’indépendance en 1954, le Vietnam entre dans une nouvelle guerre opposant les Viet-Cong du Nord, membres d’une armée d’inspiration nationaliste et communiste et la République Démocratique du Sud, soutenue par les américains. La prison deviendra alors le « Hanoi Hilton », lieu d’incarcération des pilotes américains dont les avions ont été abattus.

La guerre se solde par un nouveau succès pour les communistes. Les troupes américaines se retirent en 1976, permettant une réunification du nord et du sud Vietnam sous la bannière rouge étoilée.

Notre visa gratuit de 15 jours arrivant à expiration, il est temps pour nous de ne nous diriger vers la frontière laotienne. Un bus nous conduit jusqu’à Dien Bien Phu d’où nous entamons un périple magnifique à travers des rizières en terrasses et des villages sur pilotis. Tellement déçus de ne pouvoir rester plus longtemps ici…

Puis vient le moment où nous n’avons plus le choix. Nous devons nous engager sur cette côte de la mort dont le sommet marque la frontière entre les 2 pays. On ne savait pas à quoi s’attendre et heureusement ! 20 km de montée à 10 ou 12%. L’angoisse ! C’est notre baptême de col à vélo, et on s’en souviendra !

Avant de vous laisser, nous vous faisons partager nos coups de cœur animaliers, dont ces crapauds en posture franchement indécente ! 😀

A bientôt ! Tam biet !

4 Des réflexions sur “Vietnam

  1. Bonjour à vous, comme d’habitude de jolies (très jolies) photos, de beaux textes qui racontent bien ce que vous vivez, c’est vraiment un plaisir de vous suivre. On voyage rien qu’en lisant. Bonne route à vous trois.

      • Bonjour! Oui nous repartons sur juillet-août pendant 6 semaines pour un road trip estival (sud Hongrie, Serbie, Macédoine, Grèce du nord et les îles de Corfou et Lefkada en fonction du temps disponible). Nous avons hâte de partir sur les routes et les chemins! Et oui pourquoi pas se croiser un jour, ce serait avec grand plaisir !
        Nous avons une page FB : 4en4x4ailleurs et je suis toujours en création d’un site internet…
        Continuez à bien nous régaler avec vos articles !! Merci !!

        • Content de vous savoir à nouveau silloner les routes. On s’est vraiment régalé dans ce coin là de l’Europe, très proche de chez nous et pourtant méconnu et sauvage. Amusez vous bien
          À bientôt

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