Laos

Bonjour! Sabaïdi !

Vous vous souvenez de cette ascension infernale, épuisante et mémorable qui nous a conduit jusqu’aux portes du Laos ? Après l’effort, le réconfort ! Ce sont 40 minutes de descente tout schuss qui nous attendent côté laotien ! Gros délire !!!

Puis, de nouveau l’effort et une course contre la tombée de la nuit pour arriver au premier village où dormir. Que c’est bon de retrouver les montagnes ! Mais à vélo, c’est une autre affaire…

Le lendemain matin, alors que nous buvons le thé dans un bouiboui, nous avons la bonne surprise de rencontrer Surpap, un voyageur thaïlandais à vélo qui s’apprête à s’attaquer au col que nous venons de descendre. C’est sûr, on se reverra à Bangkok pour se raconter nos pérégrinations !

Nous repartons sur les routes tortueuses de la région et traversons avec bonheur, les petits villages de quelques maisons de bambou joliment tressé. Les enfants, heureux de voir des étrangers, nous encouragent dans les montées et nous lance d’inlassables  » Sabaidi !!! « . Touchés par cette sincérité et cette authenticité, on se sent bien, et on a hâte de découvrir la suite…

Tous les locaux, grands et petits, s’affairent au ramassage et au transport de drôles de feuillages qu’ils font ensuite sécher au dessus d’un feu puis tapent contre le sol. Nous apprendrons par la suite qu’il s’agit de branchages qui serviront à la fabrication de balais vendus dans toute l’Asie

Nous arrivons à Muang Khua, mignonne bourgade bordant la Nam Ou qui prend actuellement un essor touristique de par sa proximité avec les villages de montagne où vivent de nombreuses tribus mais aussi de par sa situation au point de départ d’une descente en bateau le long de la rivière à travers des villages inaccessibles par la route. La tentation est grande de s’octroyer une pause tout en gagnant des kilomètres mais le prix que l’on nous propose pour embarquer nos vélos nous poussent à continuer à l’effort de nos mollets. Ça au moins, c’est gratuit !

Et comme nos décisions aboutissent souvent à d’heureux hasards, nous avons l’honneur d’être invités, quelques dizaines de kilomètres plus loin, à faire la fête avec des villageois à l’occasion du mariage d’un jeune couple. Les gens sont tellement beaux, souriants et accueillants… Merci à vous tous pour ces merveilleux moment !

Nous roulons (pas très droit) jusqu’à la prochaine guest house et atterrissons au village de Siu Xay. Nouveau coup de chance : le lendemain matin, le marché accueille les membres de minorités ethniques des montagnes environnantes qui viennent vendre leur artisanat et acheter leurs nécessaires. On se régale de toutes ces couleurs et breloques. Magnifique !

Un coup de fatigue ? On se trouve un chauffeur sympa avec une vieille camionnette dans laquelle on installe nos vélos et c’est parti mon kiki !

Nous atteignons Luang Prabang. Le vélo est un mode de transport super sympa pour aller à la découverte des innombrables temples de cette très jolie ville lovée au confluent du Mékong et de la Nam Khan.

Malgré une affluence touristique (très) conséquente, quelques ruelles ont su conserver le charme de l’ancien et mêle architecture traditionnelle en bois et style colonial avec brio.

Au XIVème siècle, le roi Fa Ngum fonde le royaume du Lane Xang (royaume du Million d’Eléphants) et choisit Luang Prabang comme capitale. La ville connaît alors ses heures de gloire et on assiste à la construction de nombreux temples. Le Vat Xieng Thong est un chef d’œuvre architectural, très représentatif du style laotien.

Nous faisons la connaissance de David et Jennifer, un couple en voyage pour 6 mois avec leurs 2 enfants Laoura et Noah. Ensemble, on profite d’un superbe coucher de soleil du haut du mont Phou Si et de bien d’autres belles soirées car nos chemins se recroiseront, au hasard de nos tribulations respectives… Bon retour les copains !

Nous enfourchons nos biclous et partons pour une balade sportive vers les cascades de Kuang Si. L’endroit est magnifique et la baignade est rafraichissante.

Avant de quitter la région, nous avons un dernier rendez-vous : camping sauvage avec Aubin et Hélène, nos amis voyageurs rencontrés au Kazakhstan puis revus au Japon et re revus au Cambodge. Soirée mémorable en compagnie aussi de Rémy et Justine, des autostoppeurs/voyageurs.

Arrivée triomphale à Vientiane, la capitale un peu fade et trop calme du Laos. Quelques jolis temples historiques valent cependant le détour.

Mais le plus intéressant selon nous, c’est la visite du COPE, une coopérative fondée en 1997 qui fabrique des prothèses pour les victimes de bombes à sous munitions non explosées. Nous apprenons alors que le Laos fut, lors de la guerre du Vietnam, le pays le plus bombardé de l’histoire avec 260 millions de bombes lâchées par les américains sur la zone frontière, c’est-à-dire l’équivalent d’une mission aérienne toutes les 40 minutes pendant 9 ans. Régulièrement, ces bombes explosent encore aujourd’hui et 50% de leurs victimes sont des enfants. Le résultat de 17 millions de dollars dépensés par jour pendant 9 ans pour une guerre contre le communisme…

De là, nous entamons une longue descente vers le sud. Nous effectuons un premier arrêt au Xieng Khuan, un parc loufoque dédié aux personnages de la mythologie bouddhiste et hindouiste fondé dans les années 50 par un moine.

La piste qui suit nous met en difficulté. Nous sommes secoués par la tôle froissée, étouffés par la poussière et nous essuyons de nombreuses crevaisons.

Heureusement, pendant cette longue descente jusqu’à Savannakhet, les locaux seront toujours là pour nous offrir un rafraichissement et un moment de convivialité. Merci à tous les laotiens pour leurs sourires, encouragements, invitations, hospitalité, gentillesse…

Le matin, on cherche toujours un petit « café » pour boire notre thé et s’avaler un panier de kao niao (riz collant) et une omelette avant d’enfourcher nos montures. Parfois, dans certains trous où nous atterrissons, on tombe sur des marchés aux étalages vraiment atypiques : chiens, rats des champs, écureuils, œufs fécondés et même tatous sont au menu…

Nous poursuivons notre descente le long du Mékong…

… puis quittons enfin cette route monotone et interminable le temps d’une escapade sur des pistes au décor magnifique.

Après une montée ensablée difficile…

…nous arrivons enfin au paradis ! Un lagon bleu à l’eau fraîche et limpide encaissé au milieu de falaises karstiques majestueuses.

Après le passage des gamins du coin curieux, on s’offre le luxe de la tranquillité des lieux…

… et même d’un bivouac autour d’un feu de camps…

Après ce moment ressourçant, nous voilà de nouveau sur le bitume. Nous atteignons enfin Takhek d’où nous partons arpenter la région. Une succession de rochers karstiques plantés au milieu des cultures et des cours d’eau, un remake réussi de la baie d’Along terrestre.

A l’intérieur, des grottes toutes plus dingues les unes que les autres sont baignées de lacs et de rivières !

De Savannakhet, nous effectuons un saut de puce en bus à destination de Paksé. On observe, abasourdis, les vendeuses de casse-dalle jouer des coudes à chaque arrêt du bus pour venir vendre leur brochette les premières !

Nous nous installons dans la moins chère et la meilleure des guest house de la ville (si on ne craint pas les moustiques !). Là, on rencontre Fred et Sabine, des sympathiques bab’s qui mènent une vie tranquille dans le sud-ouest quand ils ne sont pas en vadrouille à moto sur les routes d’Asie du Sud Est. On passe ensemble, une de ces soirées à refaire le monde…

Nous roulons toujours plus au sud en direction de la frontière cambodgienne. Sur les bords des routes, on s’octroie des pauses gourmandes pour tester les spécialités locales.

Nous arrivons au Vat Phou. Construit par les souverains khmers au début du XIème siècle, ce temple n’a pas le charisme de ceux d’Angkor, mais le site dans son ensemble est superbe, faisant la part belle à la nature et à l’authenticité.

Comme à Luang Prabang, nous croisons ici un couple qui s’offre la majesté des lieux le temps d’une séance photos de mariage.

Nous poursuivons notre descente le long du Mékong sur des pistes rougeoyantes poussiéreuses animées par la vie rurale des lao. Puis, nous entamons notre avancée à travers les « 4000 îles » du Mékong. On empreinte des bacs tirés manuellement ou poussés par des petits moteurs.

On avance d’île en île à travers rizières et villages qui nous réservent de beaux comités d’accueil.

Arrivés à Don Det, on s’installe dans un bungalow pour une bouchée de pain, sur une plage sablonneuse du Mékong qui a troqué son marron sale pour un beau vert émeraude.

La journée, on file sur Don Khon se perdre sur les chemins destroy de l’île, admirer les paysages, les tribulations bouillonnantes du Mékong qui file vers le Cambodge et profiter de la douceur de vivre îlienne…

Après ces quelques jours tranquilles et au lendemain d’une soirée bien arrosée où on a retrouvé Fred et Sabine, il nous faut remonter à Pakse pour passer rapidement la frontière. Nos amis débarquent de France à Bangkok dans quelques jours et on ne veut pas rater ça ! Mais la fatigue cumulée à une chaleur harassante dès les premières lueurs du jour nous dissuade de poursuivre et c’est un dernier voyage épique qui nous attend à l’arrière de la benne d’une camionnette !

Près d’un mois passé dans le pays nous ont apporté plein de moments de bonheur et surtout notre premier coup de cœur sud asiatique. Malgré d’intenses efforts et des galères techniques à vélo et la constatation d’une évolution du pays vers un mode de consommation et de tourisme massif, nous retiendrons la beauté et la bonté des habitants réunis en un seul sourire, la force de la nature et la diversité des paysages, l’authenticité et la simplicité des modes de vie et par-dessus tout, l’accueil et l’hospitalité d’un peuple. Pour illustrer ces derniers mots, quelques photos de Léon dorloté par les laotiens…

Un dernier petit clin d’œil à nos amis les bêtes…

… avant de vous dire au revoir ! La kon

4 Des réflexions sur “Laos

  1. Heureux de vous retrouver, vos sublimes photos et texte qui me font rêver… Bientôt dés que j’ai tout vendu je partirai en CC 4X4 land ou HZJ 79 avec cellules Azalaï.
    Pourquoi n’avoir pas été avec votre CC en Asie?
    Bonne continuation à vous 3 et Léon est un vrai petit garçon

    • On se croisera peut être au détour d’un bivouac !
      En septembre 2017 lors de notre choix de passer par la Chine puis Laos,Cambodge,Thaïlande et Malaisie la Thaïlande etait toujours hermétiquement fermée au véhicule étrangers donc impossible de continuer par les mers le périple à moins de repasser pas la Chine (et repayer 2000 euro minimum d’agence).Pour info la Thaïlande s’est reouverte par décision du nouveau roi vers la fin janvier 2018
      Et c’était surtout l’occasion de tester un autre moyen de transports plus sportifs et proche des gens

  2. Encore BRAVO pour vos superbes photos, accompagnées de commentaires détaillés qui me font « voyager » loin, moi (69 ans) qui n’ai jamais pris l’avion . Votre petit garçon est adorable !
    Bonne continuation, à bientôt !

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