Azerbaidjan

Salam !

Le 4 avril 2017, munis de notre premier visa, nous arrivons à la frontière Azerbaidjanaise. Le panneau d’accueil est teinté d’un humour qui ne laisse rien présager de bon… En effet, après 4 heures d’interrogatoires au sujet de notre circuit en Arménie (leurs « ennemis » dixit le chef des douanes), de négociations pour obtenir des tarifs officiels de taxe, de réclamations pour des conversions monétaires équitables et un papier d’assurance qui tienne la route, on entre enfin sur le territoire !

La route qui mène à Ismayili est magnifique. Nous traversons les champs verdoyants de noisetiers entourés d’un côté par les hauts sommets enneigés du Grand Caucase, et de l’autre par les grandes plaines arrosées de petits cours d’eau.

Nous bifurquons le long des vallées à la découverte de petits villages pittoresques de montagne aux maisons de pierre. A l’occasion d’une ballade à Car, nous sommes invités à boire le thé par une sympathique famille en plein travaux de construction d’une maison pour l’un des fils. Merci à vous pour votre hospitalité !

A l’occasion d’un joli bivouac, Léon nous épate par ses talents de grimpeur-escaladeur et joue les bergers en couche culotte !

A Ilisu, logés au fin fond d’une vallée qui conduit au Daghestan russe, on profite du paysage et on grimpe vers une cascade encore en partie gelée.

Nous arrivons à Şeki, ville touristique célèbre pour avoir été la capitale d’un khanat (royaume oriental dirigé par un khan) au XVIIIème siècle. Elle abritait à son apogée, 5 caravansérails utilisés par les marchands qui parcouraient la route de la soie. Bien qu’un peu aseptisée par le tourisme, la ville possède encore quelques jolis caravansérails et deux jolis palais mettant en valeur l’artisanat local.

Quelques kilomètres en direction de la montagne nous conduisent au village de Kiş qui abrite une église « albanaise ». L’Albanie Caucasienne (sans rapport avec l’Albanie des Balkans) représentait les terres du nord de l’Azerbaïdjan occupées par un peuple qui se convertit au christianisme en 325 puis à l’islam jusqu’à être complètement assimilé azéri. Cette phase de l’histoire est discutée par l’Arménie qui considère que ce peuple n’était en réalité autre que des arméniens…

La visite de ces bourgs authentiques est quelque peu ternie par des installations vétustes et grossières (mais originales) et un problème très récurent de pollution

Nous roulons vers Baku. Les marchands des bords de route redoublent d’inventivité pour créer des étalages éphémères hauts en couleurs !

Parvenus à la capitale, on se lance dans la course aux démarches : visa ouzbek, photos d’identité, garage Isuzu pour de nouveaux problèmes avec notre filtre à particule (DPD)… De quoi parcourir la ville de long en large et expérimenter la circulation terrifiante de la ville !

C’est là que l’on rencontre nos premiers derricks (puits de pétroles) qui remplissent les plages de la ville, les campagnes et vont même jusqu’à pousser dans les jardins ! Grâce à ses côtes Caspiennes, l’Azerbaïdjan est un gros pays producteur de pétrole. Au début du XXème siècle, l’état fournissait 50% du pétrole mondial. Il partage aussi avec les autres pays de la Caspienne 90% de la production mondiale de caviar ! Un pays riche en or noir !

Le cœur de la ville fortifiée est très ancien et parfaitement (voir un peu trop) restauré. Il est vraiment agréable de flâner dans ses ruelles pavées à la rencontre de nombreux monuments taillés dans la pierre claire : palais, sites archéologiques, caravansérails, mosquées ouvragées et nombreuses galeries d’art. La tour de la vierge n’a pas pris une ride malgré son millénaire…

Avec d’un côté ses beaux immeubles et manoirs Belle Epoque et Art Nouveau commandés par les barons du premier boom pétrolier et d’un autre une architecture ultra moderne dispatchée dans toute la ville, Baku peut se vanter d’être la digne fille de Paris et Dubaï !

Le Bulvar, une promenade piétonne de 6 km longeant le bord de mer, fait la joie des runners et riders en tout genre !

Le 16 avril, nous allons chercher nos amis Laura et Melvin à l’aéroport pour le plus grand bonheur de Léon. Après une petite visite de la ville, une fourrière et 4 heures de galère pour récupérer les clés de notre Air’BnB, on se retrouve dans un café qui se transforme rapidement en boîte de nuit. Léon, lui, est trop heureux !

Le lendemain, on entame notre circuit entre amis à la découverte de « la terre de feu ». Premier bivouac au pied des volcans de boue qui bullent, se gargarisent, rotent puis finissent par vomir de longues trainées boueuses… Fascinant ! Le coucher de soleil est superbe, la nuit sous la tente… atypique !

Après avoir fait profiter Melvin des joies du bazar où Léon trouve très naturellement sa place (^^), on teste notre premier resto traditionnel où l’on est servi comme des rois : salon privé, crudités en tout genre, herbes et aromates, sauces au yaourt, ragouts d’agneaux, brochettes divines… le tout arrosé de thé ! Partout dans le pays (même dans les coins les plus isolés) on trouve toujours un endroit où l’on vous improvise un repas avec d’excellents produits !

En route vers le sud du pays, on longe d’un côté la mer et ses zones marécageuses et de l’autre, de grandes plaines cultivées. Les femmes s’affairent au ramassage des fraises, asperges et oignons pendant que les hommes hèlent les clients sur les bords des routes.

Près de la frontière iranienne, au Yanar Bulag, on assiste au second phénomène surréaliste : de l’eau qui brûle ! Une source qui émet une énorme quantité de gaz et s’enflamme à l’approche d’une allumette… Dingue !

On attaque la route qui serpente entre les verdoyantes montagnes de Talysh. Et soudain, sous ce ciel bas et orageux, dans cette végétation dense et fleurie, on se croirait perdus sur une île tropicale ! La région est célèbre pour ses nombreux centenaires. Le record du monde est détenu par un habitant du coin qui serait mort en 1973 à l’âge de 168 ans ! Beaucoup cherchent encore leur secret…

De Lerik, on part pour une jolie randonnée dans les hauteurs. Les villageois sont occupés à couper et transporter du bois de chauffe.

Survolés par les rapaces, on profite d’un panorama magnifique !

En redescendant, Melvin et Laura goûtent à l’hospitalité locale qui nous est offerte par Hokmeli, un dentiste du village qui a installé son cabinet dans sa maison ! Son neveu de 11 ans fait un excellent traducteur ! Un grand merci à cette famille pour sa gentillesse et sa générosité.

Nos bivouacs s’organisent. Nos amis testent la nuit sur le matelas dans le 4×4 de loc ! On partage nos soirées autour du feu de camp et on s’essaye à la cuisine au feu de bois !

Une ballade champêtre nous conduit jusqu’à une belle cascade. C’est aussi l’occasion pour nous de croiser quelques habitants un peu plus sauvages…

Nous repartons à présent par l’autre vallée des montagnes de Talysh et faisons escale au Yanar Dag, un autre phénomène naturel lié au feu : une source qui brule en continue chauffe un bassin d’eau (à environ 70°C !). Les locaux profitent de ces bienfaits pour alimenter des spas !

Nous traversons les grandes plaines centrales du pays pour conduire nos amis vers l’impressionnante chaîne du Grand Caucase. La route qui mène au petit village montagnard de Lahiç est grandiose. Le hameau est le repère des artisans du cuivre.

Après la tenue camouflage, Léon enfile l’attirail du berger caucasien ! Bébé passe-partout !

Malgré le ciel menaçant, on se glisse entre les gouttes pour amorcer une rando, très loin des 3629 m que l’on visait, mais qui nous offre quand même une jolie vue sur la vallée.

Petit instant frisson sur le pont suspendu gesticulant, croisé sur notre route.

Après une pause dans la plaine, on se dirige vers Quba (non pas l’île du rhum et de la salsa…).

Nous roulons vers le bout du monde et les hauts sommets du Caucase.

Nous atteignons Xinaliq, minuscule village niché à 2335 m d’altitude.

On profite de cette magnifique journée ensoleillée pour grimper à pic sur une petite montagne et en prendre plein les yeux…

Après l’effort, le réconfort : grosse teuf dans la cellule et lendemain un peu difficile…

On trouve quand même le courage de gravir la colline de Çirax pour atteindre les ruines d’une belle forteresse et admirer le décor…

…avant d’aller farniente sur la péninsule désertique de Shuraabad…

Le soir, on se paye un souvenir inoubliable de Baku perchés à 500 m dans le restaurant panoramique rotatif de la tour de l’antenne TV. Magique !

Avant de quitter nos amis et de poursuivre notre périple vers d’autres contrées, nous nous rendons sur la péninsule d’Abşeron assister à de nouveaux phénomènes spectaculaires. Les flammes du Yanar Dag émergent continuellement de la roche depuis plus de 4000 ans.

L’ateşgah Mǝbǝdi, ou temple de feu, est un véritable témoignage des croyances anciennes zoroastriennes. Le sanctuaire tel qu’il est aujourd’hui fût fondé au XVIIIème siècle par des pèlerins hindous mais le lieu est sacré depuis des millénaires. 1000 ans avt J.C., le peuple vénérait des forces représentant une lutte entre le Bien et le Mal et le feu, devant lequel les dévots priaient et méditaient, était alors la voie d’accès au surnaturel. Cette religion était pratiquée dans toute la Perse puis fût supplantée par l’Islam. Plusieurs rituels ont cependant traversé les âges tels que Navrouz Bayran, le nouvel an musulman mais aussi Thanks Giving !

Nous voici arriver au terme de notre périple azerbaidjanais. Nous avons pu apprécier la diversité des paysages, les nombreux phénomènes naturels insolites, les vieilles villes fortifiées héritages des routes de la Soie, l’histoire méconnue de croyances très anciennes, les bons produits frais et la cuisine aux saveurs mêlant Orient et Occident, l’hospitalité et la curiosité d’un peuple dont le mode de vie et la langue sont très proches des turques.

Amis voyageurs, ne soyez pas dérouter par la propagande assommante faite autour du pouvoir politique. Feu le président Əydar Əliǝv vous apparaitra sur panneau géant tous les 10 km, sur 2000 noms de rue et d’avenue, 250 places et sur au moins un centre culturel par ville ou village. Le président actuel élu, ré élu et bientôt ré ré élu démocratiquement » a plus de 87%  » n’est autre que son fils, Ilam Əliǝv. Original !

Prenez garde aux douaniers (des frontières terrestres) un peu tatillons, aux services de l’immigration qui n’hésiteront pas à vous déporter si vous ne vous enregistrez pas dans les 10 jours après votre arrivée, aux très nombreux contrôles de police et aux chiens de berger qui peuvent s’avérer très dangereux si vous vous installez un peu trop près de leur troupeau…

On vous dit à très bientôt en Asie Centrale.

Sağol !

2 Des réflexions sur “Azerbaidjan

  1. Hello Elodie, Hugo et Léon… qui avez apprécié mon (belge) saucisson !!!
    C’était à Ayaz kala, la grande forteresse en Ouzbékistan où on a passé un bon moment avec vous et 2 motards suisses sympas.
    Je ne vois pas d’article sur l’Ouzbékistan… j’ose espérer que ce n’est pas dû à l’un ou l’autre problème… les Ouzbeks sont si gentils !
    Nous sommes rentrés chez nous en Belgique (16 mai 2017) sans encombre : pas de demande de fiches de logement journalières, ni de contrôle de change !!! Les formalités d’aéroport de Tashkent furent vraiment minimales pour tous les touristes que nous y avons vus !!!
    On vous espère au top et vous souhaitons mille petits bonheurs en famille durant votre périple.
    Tenez-nous au courant !!!
    Bisous de Francis et Nicole.

    • Salut les voyageurs,

      Nous n’avons pas encore mis l’article sur l’Ouzbékistan en ligne par manque de connexion internet de qualité, il devrait être posté dans la semaine normalement.
      Encore merci pour votre attention et cette offrande de saucisson qui nous tant rappelé notre chère patrie !

      Nous avons redouté la sortie du territoire Ouzbek car nous n’avions qu’un seul coupon d’hébergement pour 3 semaines passé sur place, mais contre toute attente il nous a rien été demandé et nous avons pu quitter l’Ouzbékistan sans encombre malgré une fouille approfondie du véhicule et de la cellule.

      Pour nous tout va bien on est toujours enchanté de notre périple, on espère que tout vas bien pour vous et on vous souhaite de repartir rapidement a l’aventure

      Des bisous de la famille globetrotter

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