Colombie – partie 2

Buenos dias los amigos ! Salut à tous !

On ne se laisse pas abattre par les émotions de ces premiers temps passés en Colombie et on attrape à Bucaramanga nos amis Aubin et Hélène, des voyageurs en van rencontrés il y a 2 ans au Kazakhstan et qui, au fil de nos différentes retrouvailles sur la route, sont devenus des amis.

On ne perd pas de temps et nous filons vers l’impressionnant canyon de Chicamocha.

Du point de vue de la Mesa de los Santos, le panorama sur les falaises abruptes est superbe.

Nous poursuivons la route qui serpente le long du canyon pour nous rendre sur son versant sud.

Les habitants de la région produisent du tabac qui, après la récolte, est installé sur des séchoirs.

Après avoir suivi une longue et très mauvaise piste, nous atteignons le bout du monde et nous passons la nuit au Rancho Alegre. D’ici, la vue sur le canyon est époustouflante. Les chèvres, comme nous, profitent des premiers rayons matinaux qui chassent la brume froide. Léon, lui, se délecte d’un bain improvisé.

Nous roulons à présent vers le superbe village de Baricharra. Ses ruelles pavées bordées de maisons coloniales aux façades enduites à la chaux et recouvertes de tuiles se prêtent parfaitement à la flânerie.

Nous entrons dans une fabrique de papier artisanale qui propose une gamme variée de papiers réalisés avec différentes essences. La bâtisse est très belle et à l’arrière trône un jardin botanique dans lequel on découvre les différents végétaux pouvant être utilisés pour la pâte à papier.

Au détour d’une ballade, nous retrouvons avec plaisir Alberto, Delfina et leur petit Pedro, des argentins rencontrés au Costa Rica. Nous nous lançons ensemble sur la voie royale, un chemin pavé au milieu de la nature, qui relie Baricharra à Guane, un village tout petit mais tout aussi charmant.

La spécialité de la région, ce sont les hormigas culonas, littéralement « fourmis à gros cul ». On ne peut pas quitter le village sans tester ce met de choix aux propriétés apparemment aphrodisiaques…

Nous quittons la région du Santander et nous dirigeons vers le Boyacá pour rejoindre la Sierra Nevada del Cocuy. Nous entamons la montée sur la cordillère Orientale et après un bivouac en altitude, on se réveille au dessus des nuages, entourés par les vautours qui se font sécher les ailes après une froide nuit.

Nous avançons tranquillement, profitant des pauses pour apprécier la faune de la région.

Sur une piste déjà bien abîmée par la saison des pluies, on se retrouve face à un glissement de terrain conséquent !

En attendant l’arrivée de la déblayeuse, on prend notre mal en patience et nous allons découvrir comment se fabrique la panela, une mélasse extraite de la canne à sucre et refroidie sous forme de bloc. Un sucre 100% naturel très utilisé en Colombie.

La piste enfin dégagée, nous poursuivons notre route vers le Cocuy et atteignons les premiers paramos, plateaux de haute altitude tapissés d’une végétation basse.

Après une nuit à 3400m d’altitude incroyablement étoilée…

… nous profitons du superbe panorama qui nous entoure et découvrons les frailejones, plantes duveteuses à la fleur semblable à la camomille.

Nous continuons toujours plus à l’est, serpentant dans les virages qui suivent les différentes vallées. Ça monte, ça redescend…

…pour finalement atteindre le village haut perché d’El Cocuy. Dans ses rues pavées bordées de maisons blanches et vert amende, le temps semble s’être arrêté. Le port du chapeau et de la ruana, poncho de laine très épais, est toujours de mise.

Nous poursuivons jusqu’à l’Alto La Cueva et l’entrée du parc national où le ciel se dégage juste le temps de nous laisser jouir du panorama extraordinaire sur le pain de sucre trônant au pied d’un glacier dont la neige est sacrée pour les indiens de la région. Interdiction de toucher à cette déification !

Nous avons même la chance d’apercevoir un petit renard cherchant son diner autour de la cabane des gardes du parc.

Après une froide nuit, perchés à près de 4000m d’altitude, nous poursuivons notre boucle longeant les contreforts du Parc Naturel. Le paysage est splendide. Les petites fermes siègent au milieu d’une nature peu hospitalière. Les moutons semblent préparés au froid mordant qui peut régner ici.

Nous atteignons Ritacuba, une autre entrée du parc et profitons d’un petit déjeuner avec vue sur les Nevados avant d’être totalement ensevelis par la brume. La météo est bien capricieuse ici !

Léon n’ayant pas le droit d’entrer dans le parc à cause de l’altitude, le ranger nous conseille de nous diriger vers la lagune de Las Lajas. Nous suivons une piste qui s’enfonce dans la montagne et grimpons jusqu’à un paramo où seuls quelques éleveurs vivent avec leur bétail.

La nuit est toujours aussi belle !

Le lendemain, nous entamons la marche et improvisons un sentier au milieu des frailejones et d’un paysage superbement sauvage. La fin du parcours grimpe et le temps change. Nous atteignons finalement le lac dans le froid, le brouillard et la pluie.

Nous quittons le paramo et prenons la direction du sud. En voulant se serrer sur l’accotement afin que l’on se croise, le chauffeur d’un 4×4 dérape dans la rigole boueuse. Nous l’aidons à sortir de ce mauvais pas avant de poursuivre notre route.

Un peu plus loin, nous croisons une bande de vautours affairés autour d’un véritable banquet (la recette au prochain épisode 🙂 ).

Après avoir gravi une superbe piste désertique, nous arrivons au sommet du cerro Mahoma où nous nous endormons au dessus d’une mer de nuage.

Le réveil avec la vue sur le glacier est tout aussi splendide !

A Chita, on fait un arrêt provision auprès d’un petit marché pendant que Léon se remet d’une grosse soirée !

Nous rencontrons aussi une sympathique famille qui tient le restaurant où nous allons prendre notre almuerzo.

Nous poursuivons toujours plus au sud par les petites routes de montagne et atteignons enfin Mongui, charmant village de montagne célèbre pour ses nombreuses fabriques artisanales de ballon de foot !

Nous sommes curieux d’aller découvrir comment naissent ces objets si précieux pour les enfants (et les plus grands) du monde entier. Outre les traditionnels ballons de plastique, certains ateliers se distinguent par leur création de ballons en authentique peau de vache !

A Sagomoso, nous allons découvrir le musée d’archéologie qui retrace l’histoire de l’homme et plus particulièrement des tribus indigènes préhispaniques de la région. Nous y admirons entre autre une très belle reconstitution du temple du soleil vénéré par les indiens et détruit à l’arrivée des colons espagnols.

Dans la petite ville d’Iza, nous allons prendre un bain chaud dans les eaux sulfureuses d’un bassin en plein air ; l’odeur nauséabonde nous collera à la peau (aux cheveux, et aux vêtements) pendant un bon bout de temps !

Nous atteignons à présent la toute proche lagune de Tota où l’on improvise un bivouac autour du feu sur une colline dominant l’étendue d’eau. Le lendemain matin, après un premier contact un peu froid avec la propriétaire du champ, les rapports se réchauffent autour d’un thé et d’une viennoiserie…

Nous amorçons le tour du lac dont les rives sont recouvertes de champs d’oignons nouveaux. L’odeur nous embaume les narines où que l’on se trouve.

Puis nous prenons de la hauteur en nous dirigeant vers Toquilla et atteignons à nouveau des paramos tapissés de frailejones. La piste est splendide !

Nous décidons de poursuivre en direction du sud est pour aller voir l’impressionnante Cascada Salto Candelas. Selon les locaux, pas de problème dans la région. A notre arrivée, nous sommes « accueillis » par les militaires qui sécurisent le coin et nous informent que la région n’est pas aussi tranquille que ce que l’on a bien voulu nous dire…  Etant le week-end et donc une période d’affluence, ils nous recommandent tout de même la marche dans la jungle qui nous mènera jusqu’à la chute d’eau qui s’avèrera grandiose !

En prime, la ballade dans la forêt tropicale humide nous offre d’admirer de jolis spécimens d’insectes et nous régale d’une bonne douche au retour !

Nous redescendons à présent de nos froides contrées pour tailler vers l’ouest. A la sortie de la ville de Duitama, à la recherche d’un bivouac pour la nuit, nous sommes invités chez Rosalba et ses sœurs à partager le sancocho, soupe traditionnelle colombienne à base de poule, de banane plantain et de yuca (ou manioc). Léon, comme à son habitude, se fait rapidement son petit harem…

Nous atteignons le lendemain Villa de Leyva, joyau colonial et historique du Boyacá. Nous flânons sur sa place immense, la plus grande de Colombie ainsi que dans ses jolies ruelles pavées bordées de maisons blanchies à la chaux. Derrière les façades se cachent de magnifiques petits patios…

Nous poursuivons vers l’ouest en direction de Medellin. La route est longue et en Colombie, nous avons vite appris à ne pas compter les kilomètres mais le temps de trajet : les voies sont mauvaises et très souvent en travaux. Au cours de nos différents bivouacs, on se paye quelques galères… Un embourbement avec glissade pour ressortir d’un bivouac dans une forêt luxuriante. En allant chercher de l’aide, Hugo croise un superbe serpent qui s’avère aussi être extrêmement dangereux.

Puis après des jours de route à virage entrecoupés de belles nuits dans la nature, alors que nous approchons de Guatapé et de son immense lagune, nous empruntons une route signalée comme fermée pour éviter un grand détour, les locaux nous l’indiquant comme « un poquito malita ». Et on se retrouve dans le plus gros bourbier qu’on n’ait jamais connu ! Des tranchées dignes de Verduns dans une glaise collante à souhait ! Même les quads venus taquiner la boue ont du mal à passer. Finalement après ¾ d’heures d’effort, de grosses suées et l’aide de tous le groupe de pilotes, nous parvenons à franchir l’obstacle. Un grand merci à tous pour votre aide indispensable !

Nos efforts seront finalement récompensés par un panorama absolument grandiose sur la lagune et la piedra del Peñol, un bel exemple de « dyke », selon nos amis géologues.

Nous passons une belle nuit sur l’une des nombreuses petites péninsules au bord de la lagune…

… avant d’aller arpenter les rues colorées de Guatapé. Ce village a la particularité de présenter des façades recouvertes de frises en plâtre appelées zocalos et souvent représentatives des activités de la région. Le résultat est assez kitch mais l’ensemble n’est pas désagréable…

On vous laisse sur ces jolies découvertes mais on vous retrouve très vite dans la fameuse Medellin pour la suite de notre périple entre amis ! Hasta pronto amigos !

 

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