Japon – partie 2

Après presque 6 mois d’aventures en Asie du Sud-Est, nous rentrons au Japon retrouver notre maison bien gardée par Masa et sa famille. On leur cuisine un bon repas et on passe une belle soirée avant de repartir sur les routes. Un grand merci à vous pour votre aide si précieuse et votre hospitalité !

Nous descendons d’abord à Yokohama, énorme port commercial, où on se lance à l’assaut des sociétés de fret dans l’espoir de trouver un transport vers l’Amérique pour notre bolide.

On fait quelques touches et en attendant la suite, on part à la découverte de la capitale, Tokyo.

On apprécie les contrastes de ses différents quartiers : tours de verre et costumes/cravates dans les rues de Shiodome et sur l’impressionnant carrefour de Shibuya où des milliers d’employés se croisent aux heures de pointe…

Pop culture et teenagers excentriques ou branchés à Harajuku…

Où on trouve quelques exemples sympas de street art…

Geeks et fans de manga à Akihabara…

La nuit, les travailleurs tokyoïtes acharnés vont s’encanailler dans le quartier de Shinjuku, dans les rues chaudes et grouillantes de Kabukicho…

…ou dans les allées minuscules et intimistes de Golden Gai où des centaines de bars pouvant accueillir quelques personnes tout au plus, ne servent à boire qu’aux habitués.

Mais si l’on regarde bien, à travers tout cet étalage de modernité, de fun et de néons éblouissants, on peut entrevoir la dualité qui règne dans le cœur de tous les japonais : à la fois consommateurs de masse et dépendants de la high-tech ils sont aussi profondément attachés à leurs valeurs et leurs traditions. Même dans les quartiers de Tokyo, on s’affaire à la préparation des Matsuri, fêtes populaires liées au culte shintoïste durant lesquelles des processions ont lieux pour conduire le mikoshi vers un lieu sacré.

A Ryogoku, on peut aussi avoir la chance de croiser les mythiques rikishi, lutteurs de combat sumo, vêtus de leurs plus beaux kimonos et chaussés de claquettes en bois Une rencontre de taille !

Au marché au poisson de Tsukiji, le plus grand au monde, on peut assister à de véritables spectacles de savoir-faire et découvrir d’étranges spécimens…

Il ne faut pas manquer de tester une cantine comme on peut en trouver tant à Tokyo où l’on avale un bol de nouille pour pas cher, au milieu du défilé des travailleurs pressés de retourner au turbin !

Enfin, Tokyo ne serait pas ce qu’elle est sans l’avalanche d’obligations et d’interdictions généralement respectées à la lettre par cette société très docile et obéissante. En conséquence, la capitale est réputée être, la plus sûre au monde.

Avant de quitter la mégapole, on fait un arrêt en périphérie de Tokyo pour emmener Léon visiter un musée des sciences pour les enfants hyper bien fait. On fait alors la rencontre de Ievan, un français originaire de Romans qui a fréquenté le même lycée qu’Elo. Trop ouf ! Pâtissier de formation, il a monté son food-truck avec sa femme japonaise Manami. Ils nous invitent à partager un repas et Léon sympathise bien avec leurs fils. Un grand merci à tous les 3 pour votre accueille chaleureux et ce bon repas. 😉

Nous partons en direction des montagnes et de la vie rurale de la région de Chibu, les « Alpes Japonaises ». En route, on fait un arrêt à Kawagoe où l’on peut observer de belles maisons traditionnelles servant de commerces à la période d’Edo avec de typiques volets « coupe-feu ». N’en déplaise à la beauté de l’architecture, la ville très touristique n’est qu’une succession d’échoppes abusant du pouvoir d’achat des japonais en leur vendant tout et n’importe quoi !

Dans notre cellule, on reprend tranquillement nos marques, heureux de retrouver notre indépendance et notre mobilité. Léon, enrichi d’une nouvelle bibliothèque, trouve des astuces pour aménager son environnement. On s’attelle à de petits travaux manuels et on commence l’initiation à de petits exercices.

La question des bivouacs reprend toute son ampleur dans ce pays hyper urbanisé et surpeuplé où les espaces sont exigües. Les japonais usent de nombreux subterfuges pour palier à ce manque de place comme des parkings ascenseurs, des voitures miniatures cubiques, des plateformes tournantes pour les demi-tours. Leurs logements sont en général petits, parfois minuscules, et ils sont souvent partagés par plusieurs générations.

En ville, on s’installe loin, sur des emplacements souvent limites en terme de légalité puis on marche ou on prend les transports en communs. Ou on profite des parkings des « convenient stores » (7 eleven, Family Mart…), des petits supermarchés proposant de multiples services telles que l’accès aux toilettes, à du wifi, à de l’eau chaude, à des photocopieuses… Lorsque l’on quitte les agglomérations, les zones calmes et verdoyantes autour des temples font souvent notre bonheur. On a parfois la chance de trouver quelques perles paradisiaques…

Nous arrivons au sanctuaire de Nikko, au milieu de son parc national, au pied des montagnes. Ce lieu sacré fût bâti en l’honneur des Tokugawa, fondateurs de la période Edo.

La ville est surtout la porte d’entrée vers une superbe route qui nous mène au lac de Chuzenji, mystérieux sous la brume matinale. De nombreuses cascades enchantées ponctuent notre parcours.

C’est le printemps ! Même si nous avons raté de peu l’Hanami (les cerisiers en fleur), la floraison des arbustes est éclatante.

Les insectes, reptiles, batraciens, et autres sont aussi de sortie…

Avant de nous engager dans la montagne, on fait un stop dans un garage Isuzu qui met gentiment ses locaux et son matériel à notre disposition. Au programme, vidange, filtres et changement des freins. Merci à toute l’équipe pour le sympathique coup de main !

Nous franchissons cols et vallées pour arriver à Nozawa Onsen, une petite station de ski où parviennent 12 sources chaudes aux vertus différentes, alimentant de nombreux onsen, les thermes japonais. Les hommes et les femmes se baignent nus, séparément. Il est de bon ton de se laver avant d’aller se relaxer dans les eaux brulantes.

Nous nous arrêtons quelques jours pour faire la tournée des onsen et profiter du rythme tranquille de la vie à la montagne. En fin d’après-midi, les anciens se retrouvent en haut du village autour de bains bouillonnants où ils font cuire œufs et légumes en tout genre. On adore le concept !

Nous reprenons la route serpentant dans les montagnes et arrivons au village de Yamanouchi. Nous traversons la forêt avant d’atteindre jigokudani, la « vallée de l’enfer ».

Ici, un torrent se déverse et des sources d’eau chaude font le bonheur des macaques japonais qui s’y plongent pour affronter le froid hivernal. Mais le décor est largement défiguré par les installations humaines et le prix de l’entrée au Monkey Park est carrément prohibitif. Il suffit en réalité de rester devant l’accès payant pour observer ces boules de poil déambuler, jouer et s’ébattre.

De retour au village, on flâne dans ses rues joliment restaurées. De nombreux riokan (auberges japonaises traditionnelles) sont fréquentés par les touristes (principalement japonais) qui viennent ici aussi se détendre dans les onsen.

Nous visitons, enthousiastes, la superbe exposition d’un maitre origami.

Nous suivons les lacets en directions du sud et franchissons des cols où l’air est encore glacial. Les panoramas sont superbes et des fumeroles s’échappent des pentes des montagnes. La terre s’échauffe dans les parages…

Au pied du volcan Asama, on déambule au milieu de l’étrange décor lunaire formé par la dernière éruption volcanique.

Les pauses repas sont l’occasion de promenades en forêt hautes en couleur. L’air de la montagne nous fait du bien !

Après un bref passage à Matsumoto le temps d’une lessive et d’un coup d’œil à son joli château restauré, nous prenons de nouveau de la hauteur et on se dirige vers le volcan actif Yakedake.

La belle promenade de santé se transforme vite en galère dans la neige et le brouillard. On empreinte un chemin de traverse qui nous mène à une corniche très raide mais on parvient tout de même à toucher le sommet.

Le lac acide qui remplit le cratère est malheureusement invisible. On est tout de même impressionné par la puissance et la chaleur des émanations de souffre sortant de ces bouches ouvertes sur les entrailles de la terre.

Après plusieurs semaines montagnardes, en route vers les plaines lacustres entourant le Mont Fuji, on subit l’éclatement d’un pneu. Plutôt normal après 65000km dont des milliers de pistes défoncées…

Le voici, se tenant fièrement devant nous ! On ne se lasse pas d’admirer le cône enneigé du Mont Fuji empreint d’histoires et de légendes, vénéré et respecté par les japonais. Les lacs Motosu, Shoji, Sai, Kawaguchi et Yamanaka offrent des points de vue idéaux et de supers bivouacs.

On ne peut se résoudre à le laisser nous narguer ainsi. On décide donc d’aller l’affronter et de partir à l’ascension de ses pentes abruptes. 1500m de dénivelé sur 6km pour arriver à 3776m d’altitude. 3h45 de montée raide. Ça calme !

Mais la vue en vaut largement la peine !

Les démarches pour notre « shipping » n’avançant pas par mail (la communication avec les japonais est compliquée et leur réactivité laisse à désirer…), on se dirige vers Yokohama pour aller rencontrer en personne nos contacts. En route, à l’occasion d’un bivouac à Ebina, on fait la connaissance de Maki, une japonaise mariée à un indien, Geemon et maman d’un petit Joe. Nous sommes invités à partager une soirée avec eux autour d’un repas indien et le courant passe vraiment bien entre nous.

Elle nous conseille de nous rendre à Yokohama en train et de rester dans les parages en attendant la suite car le stationnement est beaucoup plus simple ici. En plus, il y a plein de parcs de jeux pour Léon et Maki et Geemon sont toujours prêts à nous rendre service.

Une fois la date de notre shipping fixé et nos billets d’avion pris, on se rend sur la péninsule d’Izu. En chemin, on fait un arrêt à Hakone  pour aller voir la terre cracher ses fumerolles au sommet du volcan surplombant le lac Ashi. Le paysage est une fois de plus gâché par les installations humaines et la masse de touriste.

Nous longeons la côte ouest de la péninsule d’Izu où les baies et les falaises se succèdent, encadrées par des montagnes verdoyantes.

Entre 2 châteaux de sable, on joue à cache-cache avec la faune locale dont certains spécimens sont vraiment surprenants.

Au centre de la péninsule, de vieilles bâtisses plantées au milieu des rizières d’Ishibu écrasées sous la brume offrent des images d’un autre temps.

De retour à Ebina pour nos dernières démarches avant le départ, on retrouve Maki et Geemon. Nous sommes invités à nous joindre à une réunion de famille ! Merci à tous pour tous ces beaux moments passés ensemble. On se quitte en se promettant de se revoir, en France cette fois ci !

Nous laissons notre voiture sur les quais. Elle quittera le Japon le 13 juillet. Nous rentrons le 12 juin en France pour profiter de nos familles et amis avant d’entamer l’aventure en Amérique. En attendant la suite, nous vous quittons avec un best-off de tous les petits trucs et manies des japonais qui nous ont bien fait rire durant notre séjour : courses à la Mario Kart dans les rues de Tokyo ; laisse pour enfants VS poussettes pour chien mais aussi tenues fashions et abris canin à l’entrée des magasins ; TV jusque dans les voitures ; poussettes géantes pour sortie de crèche ; passage à niveau sur arbre encombrant… On est aussi fans du vélo électrique multi-enfants !

7 Des réflexions sur “Japon – partie 2

  1. Toujours aussi « magiques » vos photos et commentaires !…
    Quelle chance de pouvoir un peu voyager avec vous !
    MERCI ! et à bientôt en Amérique… si j’ai bien compris !

    Michèle WEIL

    • Encore merci a vous
      Vous habitez ou déjà ? il faudra qu’on se rencontre a notre retour quand même 😉
      Oui on est au USA depuis 3 semaines et profite a fond des parcs nationaux

  2. Très belles images comme d’hab, et un bon aperçu des contrastes Japonais. La visite en montagne a bien dû vous rafraîchir après le climat du Laos et du Vietnam.
    Je vous ferais parvenir mon dernier article dès qu’il sera publié (certainement raccourci par la rédaction car j’avais écrit 2 pages)
    Bon courage pour la suite

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