U.S.A. – Nord-Ouest

Hi !

Après 3 vols, 29 heures de voyage, une nuit à l’aéroport de Dallas, 9 heures de décalage horaire et un interrogatoire approfondi à la frontière américaine (Combien de temps sur le territoire américain ? Pourquoi pas de billet retour ? Travaille ? Non ?!? Quelles finances ? Moyens de paiement ? Combien de cash ? Quelles CB ? … Une Black Card !?! Ahhhhhhhh ! So welcome ! 😉 ), nous voilà enfin à l’aéroport de Seattle dans l’Etat de Washington !

Nous sommes le 24 juillet, il est 8h40. Nous devons attendre l’arrivée de notre cellule quelque jours plus tard et aucun plan à l’horizon ! A la vue du prix du moindre motel miteux, on croise les doigts pour une réponse positive d’un hôte de l’application Couch Surfing (hébergement gratuit basé sur un échange culturel et humain). En attendant, on file remplir des papiers chez les courtiers en douane près du port de Tacoma. Alors que l’on patiente au terminal de bus du Dôme, on est  totalement effarés et émus par un triste constat : SDF endormis sur les trottoirs près de leur valise, drogués rachitiques au teint blafard, psychotiques en plein délires logorrhéique, obèses débordant de leur fauteuil roulant… La première puissance mondiale prend ici des airs de « cours des miracle » ! Cela nous donne du grain à moudre pour nos prochaines rencontres.

Comme toujours, la chance nous sourit. Renate, une allemande installée aux U.S.A depuis 20 ans nous propose de nous prêter son van pour quelques nuits car sa maison, abritant son fils convalescent, un ami à lui en galère et 2 locataires dont une qui héberge sa fille et ses 2 petits-fils, est déjà bien remplie !!! On accepte volontiers et c’est avec plaisir que nous rencontrons cette infirmière joyeuse, généreuse et ouverte d’esprit ainsi que toute sa maisonnée. Sa petite villa à l’américaine est bien agréable et on passe de belles soirées autour de flambées à se découvrir les uns les autres et à papoter avec les voisins.

Hugo découvre les soins des abeilles avec son fils Chris qui possède une ruche et ensemble, ils refont le sol du van pendant qu’Elo redonne un petit coup de frais au jardin. On progresse en anglais à vitesse grand V surtout grâce à Daniel, originaire de Boston, qui enchaîne les vannes dans un américain argotique et plein d’expressions. Léon s’acclimate vite et s’attache aussi à tout le monde.

Renate, passionnée par l’aromathérapie, le rapport à la nature et par conséquent par la culture des indiens d’Amérique, nous emmène découvrir une fête traditionnelle durant laquelle le peuple local accueille d’autres tribus qui débarquent sur les côtes en canoë. Certains, venus d’Alaska, ont pagayé 3 semaines pour arriver là. L’occasion de revêtir leurs tenues traditionnelles, de parler et chanter dans leur langue d’origine.

On admire aussi leurs superbes chapeaux tressés…

Pour découvrir un autre aspect de la culture américaine, Elo est invitée à se joindre avec Renate à une « baby shower » organisée au sein de sa communauté d’amis. Contre toute attente, cette célébration s’avère franchement drôle et émouvante.

Le dimanche, en fin d’après-midi, nous sommes invités chez Merlene, une américaine mormone que nous avons rencontrée à l’aéroport alors que nous attendions le bus. Elle parle couramment français grâce à une mission d’1 an et demi réalisée en France pour l’Eglise Mormone dans sa jeunesse. Nous sommes généreusement accueillis dans sa belle maison face au Puget Sound (mer intérieure séparée de l’Océan Pacifique par un canal) où elle nous présente son mari Loren, deux de ses fils Kaleb et Ben et sa belle-fille Vanessa, ainsi que leur petite Liliane. Ils nous feront aussi découvrir leur petit coin de paradis : une maison dans une baie, sur l’île d’Andersen dans le Puget Sound où on a le droit à une petite ballade sur le voilier que Ben et son père ont entièrement retapé. Un grand merci à tous pour votre hospitalité et votre générosité.

Le mardi 31, une semaine après notre arrivée, nous récupérons enfin notre maison roulante qui a subi tous les contrôles requis (sanitaire, rayons X, anti-drogue…) sans même nécessité une fouille de la cellule ! Etrange… De nouveau mobile, on file vers Seattle où on a rendez-vous avec Paige, une américaine rencontrée en Malaisie, qui nous a prêté son adresse pour nos démarches administratives et surtout pour recevoir notre Carnet de Passage en Douane restée chez le courtier en douane de Yokohama. On s’installe au Gas Works Park, au bord du lac Union où la vue sur la City de Seattle est vraiment sympa. En prime, l’U.S. Air Force nous fait une démo franchement impressionnante. Merci Paige pour ton aide et ta disponibilité !

C’est avec un pincement au cœur que nous quittons Renate et cette maison devenue pour un temps, un véritable foyer. Mais les chefs d’œuvre de la nature dont regorge ce « Nouveau Monde » nous appellent à la découverte. Nous nous dirigeons tout d’abord vers l’Olympic National Parc, une chaîne de montagnes et de glaciers plongeant dans l’Océan Pacifique. Nous grimpons au sommet de la Blue Mountain d’où le panorama à 360° nous permet d’admirer le canal reliant le Pudget Sound à l’océan Pacifique et séparant les U.S.A de l’île de Vancouver, ainsi que la chaîne de montagne Hurricane de l’autre côté.

Nos bivouacs sont l’occasion d’expérimenter notre nouvelle acquisition : la pâte à modeler. Léon adore !

Le jour suivant, on s’attaque à une belle rando dans la forêt qui nous conduit à l’Angeles Lake, un lac glaciaire bordé par un cirque. Superbe ! Pics-verts et crapauds sont de la partie.

Nous poursuivons notre boucle autour de la péninsule et atteignons les côtes capricieuses de l’Océan Pacifique. Ca y est ! Nous touchons du doigt cet autre bout du monde. La lourde chape brumeuse se lève parfois pour nous laisser admirer les falaises et les îlots baignés par le ressac des marais.

De ce côté de la Péninsule, le climat océanique est responsable de la présence d’un écosystème particulier : une forêt pluviale à une latitude particulièrement élevée. On peut y observer notamment des cèdres gigantesques ! Mais où est Lord Léon ?

Nous quittons cet isthme sauvage et roulons jusqu’à apercevoir les neiges éternels recouvrant la cime du Mont Rainier.

Nous partons pour une randonnée dans un cadre absolument féérique.

Une végétation incroyablement diversifiée, colorée, voire même originale (à l’image de ces « petits vieux » poilus) recouvre les pieds du glacier.

Les marmottes, écureuils et chipmunk (petits écureuils rayés) n’hésitent pas à prendre la pose. Peu farouches, ils sont prêts à tout pour une petite friandise, quitte à confondre le doigt de Léon avec une cacahuète…

La ballade est tellement distrayante que notre Lord parvient à marcher les 8,4 km et à ascensionner les 520m de dénivelé tout seul, comme un grand ! On est tous trop fiers !!!!

Nous nous mettons en route vers le parc national de Yellowstone qui nous fera traverser 3 Etats et 1220 km. Le 11 août, à l’occasion de l’anniversaire d’Hugo, on se trouve un joli petit bivouac au bord du lac de Cœur d’Alène, dans l’Idaho. On se trouve une minuscule plage rien que pour nous et on enchaîne les sauts du haut d’un rocher. Même Léon s’y risque et il s’éclate !

Le soir venu, il est temps pour Hugo de souffler ses 30 bougies…

Le lendemain matin, alors que nous préparons le petit déjeuner, 2 promeneurs s’arrêtent, curieux, près de notre cellule, comme bien souvent depuis que nous sommes ici. Nous les invitons donc à boire le thé. Ano est écrivaine et pratique les massages réflexologiques. Dawson, un ami de longue date, est un vagabond qui cherche à se détacher de l’argent et du consumérisme en vivant principalement de ce que lui apporte la nature.

Il nous confie être un ancien mormon et nous met en garde. Selon lui, c’est une religion très sombre avec des rituels peu recommandables. Nous connaissons le fervent prosélytisme et le passé polygame des mormons et il est l’exemple même que certains membres de cette secte perpétuent cette tradition. Il nous parle aussi de problème de pédophilie. Mais les mormons appartiennent-ils réellement à une secte sombre et dangereuse ? Ou sont-ils simplement des croyants à contre-courant de la culture américaine (pas de consommation d’excitants, alimentation saine, familles très nombreuses…) ? Comme dans toutes les religions, certains individus sont bons et d’autres abusent de leur pouvoir d’influence. La question reste encore entière pour nous. En attendant, c’était un plaisir de discuter avec 2 américains au mode de vie différent de la majorité de la population. Merci à vous pour cet échange !

Dans le Montana, nous faisons un petit décroché par la ville de Butte bâtie comme la majorité des villes du coin, sur ses ressources minières. Ses mines à ciel ouvert sont toujours exploitées à l’heure actuelle.

En route vers Yellowstone, on prend le chemin des écoliers et on fait une halte à Nevada City et sa voisine, Virginia City. La ruée vers l’or a conduit les pionniers à migrer vers l’ouest et à s’installer dans des endroits de ce type, au milieu des collines du Montana. Puis le passage du train leur a permis de prospérer avant de péricliter progressivement.

Aujourd’hui Nevada City a été reconstituée grâce à la collecte et au déplacement de cabanes et boutiques d’époque. Une partie de Virginia City a été entièrement préservée. Une centaine de personnes y vivent encore aujourd’hui. Hôtel, saloon, épicier, couturière, étable, barbier, cabinet de médecin… Un vrai plongeon dans l’univers du Far West !

Nous progressons dans la campagne du Montana entourés par les nombreux ranchs et les contreforts de la chaîne des Rocheuses. A l’approche du parc de Yellowtone, on aperçoit au loin nos premières antilopes américaines ou pronghorns.

Après une nuit au culot à deux pas de l’entrée Est du Parc National (le camping n’est autorisé que dans des sites aménagés et payants dans les Parcs Nationaux mais autorisé partout dans les forêts nationales)…

…nous entrons enfin dans le parc de Yellowstone, une vaste forêt qui s’est développée sur la caldeira d’un volcan vieux de plus de 2 millions d’année et dont l’activité se manifeste encore par de nombreux phénomènes incroyables tels que geysers, fumerolles, sources chaudes bouillonnantes, piscines abyssales, bains de boue… Nous suivons le balisage et les sentiers faits de passerelles aménagées pour protéger l’écosystème extrêmement fragile et dangereux. Et c’est à Fountain Pain Pot que l’on découvre les premiers bassins fumants aux eaux d’un bleu d’une pureté magnifique.

Nous continuons par la petite boucle de Lower Geyser Basin où l’on assiste à notre première éruption de geyser. Léon s’éclate !

Du côté de Midway Geyser Basin, les couleurs des piscines atteignent leur paroxysme. Devant les fumeroles multicolores de Grand Prismatic Pool, on reste sans voix.

Ces différentes couleurs sont dues à la prolifération de micro-organismes particuliers appelés thermophiles, seuls à survivre à ces conditions de température, de pression et de pH. Ils s’organisent sous forme de magnifiques structures symbiotiques dont la surface pratique la photosynthèse et le fond métabolise le sol en nutriments. Ils rejettent des gaz sulfuriques d’où l’odeur d’œuf pourrie qui émane des sources. De véritables œuvres d’art…

Biscuit Basin, Upper Geyser Basin… Nous enchaînons les ballades qui nous mènent chaque fois vers autant d’émerveillement. Ces lieux ont vraiment quelque chose de féérique A croire que la nature ne cessera jamais de nous étonner…

Nous attaquons le jour suivant aux aurores avec un lever de soleil magique sur le lac de Yellowstone.

Avec d’un côté l’acidité des bassins qui appauvrit les sols et déracine les arbres et de l’autre des feux de forêt estivaux pouvant s’avérer catastrophique, la végétation a la vie dure ici.

En revanche, le parc est un vrai paradis pour la faune. L’observation des animaux est donc la seconde activité géniale à laquelle on s’adonne ici ! Troupeaux d’énormes bisons, colonies de pélicans, cerfs, wapitis, daims mulets, antilopes d’Amérique et même coyote… Nous venons d’accroître grandement notre collection photographique ! Nous regrettons cependant le loup et l’ours…

Nous filons vers le canyon de Yellowstone où nous découvrons un paysage grandiose. Ce parc n’est décidément pas avare de surprises !

Une autre journée bien remplie se termine sous les lueurs dorées du soleil couchant. Nous devons une fois de plus quitter le parc pour bivouaquer mais les nombreuses sorties ainsi que les grands espaces qui entourent le parc nous facilitent la tache.

Nous démarrons un nouveau jour devant les travertins de calcite de Mammoth Hot Springs. Cela nous rappelle la beauté gigantesque et immaculée des sources de Pamukkale en Turquie mais en moins grand et plus nuancé.

Nous poursuivons dans le décor lunaire et le long des piscines laiteuses de Norris Geyser Basin…

puis terminons autour des bulles boueuses de l’Artist Paint Pot et enfin, du Sunset Lake de Black Sand Basin. Nous prenons la direction sud et quittons le parc, les yeux pétillants de toutes ces merveilles observées.

Seulement quelques kilomètres plus loin, nous entrons dans le Grand Teton National Park, nommé ainsi par des trappeurs français à l’esprit un brin coquin (la réputation des français n’est décidément pas volée !).

Cette jeune chaîne montagneuse aux pointes dardant le ciel dessine un superbe arrière-plan à une série de lacs aux eaux pures propices à la baignade et aux randonnées

Nous partons de Colter Bay, niché dans un recoin du Jackson Lake, pour une petite boucle qui nous mène au Swan Lake et au Heron Pond, deux très jolis lacs sauvages et verdoyants, terrain de jeu idéal de la faune du parc.

Nous observons à nouveau de superbes gazelles ainsi qu’un gracieux faucon pèlerin.

A force de recherches, nos efforts finissent par être récompensés et nous avons la chance d’observer le temps d’une heure, la vie bien occupée d’une famille de castors. Génial !

Le soir, nous quittons l’enceinte du parc national et trouvons rapidement une aire de camping gratuite avec en prime, un coucher de soleil orageux sur la chaîne des Teton.

Le lendemain matin, levés aux aurores, on partage un bout de route avec un gigantesque troupeau de bisons d’au moins 150 individus.

Puis l’on se rend dans le Mormon Row District où l’on peut admirer la lumière matinale se refléter sur les planches des vieilles granges bâties par les pionniers Mormons qui se sont installés ici au XIXème siècle.

Avant de quitter le parc, nous partons pour une dernière randonnée direction le Taggart Lake, à la recherche de l’ours brun ou du grizzli tant convoité ! Malheureusement, ils ne daigneront pas montrer le bout de leur truffe. Le paysage est cependant superbe une fois de plus.

Nous descendons vers le sud du Wyoming puis repassons par l’Idaho pour rejoindre l’Utah où nous attend la suite de nos aventures. Quelques sympathiques bivouacs nous offrent la possibilité de tester notre nouveau gadget : des appareils à croque monsieur pour BBQ ! Ici ce sera la version américaine : Hamburger Party !

Le 23 août, Elo a droit a un petit dej’ innovant à l’occasion de son anniversaire : pancakes cuits au feu de bois. Une grande première à réitérer !!!

Puis c’est à son tour de souffler ses 29 bougies !

Ces premières semaines au pays des cow-boys nous ont apporté plein de magnifiques expériences ; La nature est à couper le souffle, les Parc Nationaux sont bien aménagés et remplissent à merveille leur rôle éducatif. Léon est heureux de collecter ses badges de Junior Ranger au fil des Visitors Center. Nous avons fait de belles rencontres. Les américains sont avenants et plutôt chaleureux. Cependant, on a toujours un peu l’impression de leur faire passer un casting à Hollywood tant leurs expressions sont exagérées. Les points négatifs que l’on constate sont ceux déjà bien connus mais plus flagrants que ce que l’on pouvait imaginer : un réel problème d’accès à l’éducation (des frais exorbitants pour entrer dans la moindre Université conduisant un endettement de la majorité des étudiants) et à la santé (le coût des soins est inabordable sans une bonne assurance coûteuse) conduisant à une visible précarité d’une partie de la population. On fait aussi face à la difficulté de s’alimenter sainement. Si l’on veut éviter les produits OGM ou les listes d’ingrédients inimaginables (parfois 20 ingrédients juste pour du pain de mie comprenant des colorants, conservateurs, farines enrichies, sucres sous toutes ses formes et même des métaux comme de l’aluminium ?!?!?!?!?) il faut y mettre le prix ! Renate nous a parlé aussi d’un autre problème auquel font face beaucoup d’américains : les emprunts bancaires à des taux très élevés. Pour avoir des taux préférentiels, il faut déjà être détenteur de plusieurs crédits. Hallucinant non ??? Cela conduit à des difficultés d’accès à la propriété et à de gros taux d’endettements au sein de la population.

Nous espérons que vous ayez pris plaisir à lire ce premier article du Nouveau Monde et on vous dit à bientôt dans l’Utah pour la suite de ce périple !!!

Bye bye !

4 Des réflexions sur “U.S.A. – Nord-Ouest

  1. Toujours très intéressant … commentaires et photos …..Merci
    J’ai vu les grands parents cette après-midi … Ca va …. pas plus mal .
    Bises a vous
    Gilbert

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