Mexique – Centre

Holà amigos !

Nous entrons dans l’immense mégapole de CDMX (Ciudad de Mexico). Ni une, ni deux, on file au musée d’anthropologie, un des plus beaux du monde. On se régale à déambuler dans les salles aztèques, toltèques, olmèques, zapotèques (et autres « èques ») ainsi qu’au milieu des vestiges des civilisations mayas. Superbe !

50 km du nord au sud, 30km d’est en ouest. 25 millions d’habitants (officiellement, encore plus officieusement). 5 millions de voitures parcourant 10 000km de voieries. Des records de pollution. Les chiffres de CDMX ne font pas rêver. Son centre historique ne nous emballe pas non plus avec ses bâtiments massifs et austères. Et pas une trace de la splendeur passée de Tenochtitlan, cité antique écrasée par Cortès et ses conquistadors…

En fin d’après-midi, nous retrouvons Agustin, un mexicain globe-trotter de 77 ans rencontré 2 ans plus tôt au Kosovo !!! Il nous invite à partager une dégustation de Mezcal, alcool d’agave originaire de l’état d’Oaxaca, rapporté par ses voisins et amis Emilio et Eugenia. Comble du bonheur, ils ont apporté en guise d’encas du Morbier et du fromage de chèvre cendré. Oh lala !!! On ne peut que sympathiser avec cet adorable couple qui nous invite à rester quelques jours chez eux en attendant l’arrivée de notre ami Adrien. Un grand merci à tous les 3 pour votre accueil, votre conversation qui nous a ravi et beaucoup appris et ce moment ressourçant pour nous 😀

C’est le grand jour notre pote Marty (de son surnom) arrive aux aurores. On gère comme des pros pour se trouver une place gratos à 200 m du terminal d’aéroport et on passe une courte nuit avant de le chopper ! Un bon petit déj’, puis on file direct visiter. En chemin, les conversations vont bon train !

Nous voici sur l’immense site archéologique de Teotihuacan. Nous arpentons la chaussée des Morts pour voir se dresser devant nous les majestueuses pyramides du Soleil (2ème plus grande d’Amérique) et de la Lune. En l’an 250, on estime que la population de cette cité aztèque commerçante atteignait 100 000 habitants !

Une 3ème pyramide, celle du Quetzalcóatl ou Serpent à Plumes, revêt une façade spectaculaire ornementée, entre autres, de dizaines de têtes de serpent à plume. On en reste bouche bée !

En route vers le Nord-Est et l’état d’Hidalgo, on installe notre premier bivouac sauvage dans un champ. Marty, expérimente sa première nuit (fraîche) sous la tante.

Le lendemain, nous roulons dans la sierra occidentale pour atteindre les grottes de Tolantongo. Un lieu extraordinaire où une cascade d’eau chaude alimente une rivière s’écoulant au milieu d’un canyon. Derrière la cascade, on barbotte dans une grotte profonde et sur le côté, on accède à un long tunnel rempli de cette même eau thermale.

L’eau est aussi détournée pour alimenter des bassins étagées et recouverts de dépôts minéraux dans lesquels on se prélasse, vue sur la sierra piquée de cactus. Un petit coin de paradis…

Nous serpentons à nouveau dans les virages et redescendons en direction de Santa Maria Regla où nous attend une cascade qui, elle, se jette dans un canyon formé de prismes basaltiques. Le refroidissement accéléré de la lave lors d’une éruption volcanique est responsable de cette merveille de la nature qui n’existe que dans 3 endroits du monde.

Tout près de là, nous visitons l’ancienne Hacienda Santa Maria Regla fondée il y a longtemps par un baron des mines, un des hommes les plus riches et puissants de la région à cette époque.

Nous filons à présent vers l’état de Veracruz et quittons un climat montagneux pour trouver un climat semi-tropical chaud et humide et une végétation verte et luxuriante. Arrivés à Papantla, ville de la vanille, on apprend que cette orchidée miraculeuse ne pousse plus guère dans le coin. Pourtant c’est le seul endroit au monde où elle poussait naturellement avant que l’homme ne parvienne à la polliniser artificiellement et ne l’exporte dans les îles. A défaut, on admire l’inspiration des graffeurs du coin. On a même droit à une danse des « voladores » qui se jettent du haut de leur perchoir.

Nous passons la nuit sur le parking du site archéologique d’El Tajin et à l’ouverture, nous sommes seuls à arpenter les allées verdoyantes contrastant merveilleusement avec la pierre des pyramides. La particularité architecturale du site, ce sont ces niches recouvrant la façade de nombreux bâtiments.

Déjà émerveillés par la beauté et la sérénité du site, nous parvenons à la pièce maitresse des lieux, la pyramide des niches : une construction à 7 niveaux qui compte 365 niches célébrant le calendrier solaire. On fête encore ici l’équinoxe de printemps.

Nous atteignons la côté du golfe du Mexique et filons vers le sud et les plages de la Costa Esmeralda. Sous un ciel maussade, le vert émeraude de la mer a viré au marron-gris et seuls quelques vautours se délectant des restes de poissons des restaurants du coin (qui travaillent on ne sait comment). Bon ! Ce n’est pas tout à fait ce qu’on espérait… Mais les gens du coin sont gentils et nous permettent de camper devant leur restaurant surveillé la nuit par un vigil. Marty découvre l’atmosphère tendue de certaines zones du Mexique pas très conseillées.

On ne se laisse pas abattre. Poussés par les embruns, nous poursuivons vers le sud. La chance nous conduit vers un bout du monde isolé. Illuminé par le soleil, le paysage prend un tout autre aspect. Sous le ballet incessant des pélicans, Hugo et Marty tentent aussi leur chance à la pêche.

Encore un peu plus au sud, nous nous arrêtons à Chachalacas et partons à l’assaut de ses jolies dunes désertes en ce jour de semaine.

On finit la matinée autour d’un cocktail et d’un gros poisson grillé.

Nous quittons la côte pour remonter doucement dans les terres d’altitude. Premier arrêt dans un minuscule village où se cachent des bassins d’eau transparente au milieu de la végétation exotique. Avant de nous y rendre, nous passons la nuit en bas du village, au bord d’une rivière dont l’eau claire et fraîche fait l’occasion d’un bain et d’une petite lessive. On est au top ! Marty tente même la nuit dans le hamac.

Conduit par un local jusqu’au départ du sentier, nous marchons dans la jungle au milieu des papillons qui roucoulent puis suivons la rivière jusqu’à des bassins naturels où il fait bon se rafraichir. Féérique !

Nous poursuivons notre route entre forêts et rivières pour arriver à Coatepec, surnommé « le village du café » pour son climat propice à la culture du café. Nous empruntons une piste entre bananier et caféiers…

…pour terminer la journée autour de l’impressionnante cascade de Texolo, noyée au milieu de la végétation Après une bonne marche pour passer d’un point de vue à l’autre, nous descendons vers une deuxième petite cascade entretenue par quelques locaux.

Le lendemain matin, on se ballade dans les ruelles agréables de style colonial de Coatepec. On tombe sous le charme de ses jolies boutiques de café toutes tenues par des familles de producteurs.

Le marché n’est pas en reste et nous donne à observer le quotidien des mexicains. Si si ! Les locaux sont capables d’utiliser toutes ces différentes variétés de piments dans leur cuisine. Ce n’est pas pour rien qu’elle est inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO.

Nous atteignons Puebla, perchée sur son promontoire à plus de 2000 mètres d’altitude. Avant d’aller à la rencontre de Puebla la baroque, la fière héritière de l’Espagne, nous allons nous encanailler dans ses « barrios » populaires, entièrement recouverts de fresques murales par des association d’artistes afin de mettre en valeur la culture mexicaine et tendre à changer la mauvaise réputation de ces quartiers. Très belle initiative !

Le soir, les lumières de la ville révèlent toute la beauté des façades baroques fardées de céramiques.

La vie culturelle est très riche dans la 4ème ville du pays, classée au Patrimoine Mondiale. La Biblioteca Palafoxiana est la plus ancienne bibliothèque des Amériques (1646) et renferme quelques trésors. On se lance dans la visite du musée Amparo. A l’entrée, une frise chronologique géante permet de mettre en lumière les différentes étapes de l’évolution de l’homme suivant les continents. Un truc génial pour les voyageurs comme  nous qui cherchent toujours des repères chronologiques comparatifs !

Sur la place du marché, ça danse au son des marimbas, des grands xylophones en bois originaires du Chiapas et du Guatemala. Vivà Mexico !

Nous nous dirigeons vers les volcans Popocatépetl et Ixtaccihuatl (surnommés Popo et Ixta), et en route on fait un arrêt à Cholula, la plus grande pyramide d’Amérique, invisible car entièrement enfouie sous une colline. Les conquistadors se sont empressés d’entériner leur suprématie en bâtissant une église au sommet… Sur la place, des voladores et des danseurs tribaux. Encore une avalanche de plumes et de couleurs ! Ce jour là, Hugo assiste en direct à un meurtre par balle à 300 m du zocalo !!! Prudence, prudence au Mexique !

Nous poursuivons jusqu’au col de Cortés, situé à mi-chemin entre le Popo (5426m) et l’Izta (5230m). Nous admirons le Popo, actif et fumant, à la lumière rougeâtre du soleil couchant. Demain, un sacré défi nous attend !

Après une nuit à 3700 m d’altitude, nous sommes prêts aux aurores et partons dans le froid matinal à l’ascension de l’Izta. La grimpette est rude et l’altitude se faire sentir. Mais le panorama en vaut la chandelle !

Après 4 heures de montée, nous arrivons au refuge situé à 4720 m. Léon est accueilli en héros par les sympathiques randonneurs du jour. Les derniers 500 m jusqu’au sommet demandent du matériel d’alpinisme et 6h de plus pour la montée et la redescente ce qui nécessite de passer une nuit au refuge. Notre ascension s’arrête donc là mais on pousse le plaisir jusqu’à 4910 m (pour battre le Mont Blanc), avant d’entamer la redescente…

Le lendemain, après une belle journée en harmonie avec la nature et en route vers Tepoztlan, on découvre l’envers du décor… C’est aussi ça le Mexique malheureusement.

Tepoztlan est un village super mignon posé au pied d’impressionnants pitons rocheux. Après une ascension longue et éreintante dans la forêt, on peut découvrir sur l’un des sommets, des pyramides dominant le village (actuellement fermés suite au séisme de 2017). Le marché est beau et animé. Ici aussi les artistes de rue ont été inspirés. Le mur d’enceinte de l’église, lui, est tapissé d’une fresque faite uniquement avec différentes graines, céréales et haricots. Juste magnifique !

En chemin vers Cuernavaca, alors que nous cherchons un lieu pour dormir dans les champs, nous rencontrons Delfino et son neveu. Inquiet pour notre sécurité, Delfino nous invite à dormir sur son terrain où nous sommes accueillis par sa femme Conchita. Un grand merci à vous pour votre gentillesse et votre hospitalité !

Le lendemain, nous nous rendons à Xochicalco, un site archéologique d’une grande majesté perché sur une colline. La pyramide des Serpents à Plumes est recouverte de magnifiques bas reliefs interprétés comme étant des représentations de Quetzalcóatl. La cité était un lieu politique, religieux mais aussi un grand centre d’observation astronomique. Une grotte y a été construite artificiellement avec une ouverture pour pouvoir suivre les mouvements du soleil durant l’année.

Nous quittons l’état de Puebla pour entrer dans celui du Guerrero, déconseillé niveau sécurité. Mais ici se trouvent les grottes de Cacahuamilpa, parmi les plus vastes d’Amérique. Alors on ne peut manquer ça… Le circuit (guidé) traverse 18 salles sur 2 kilomètres. La plus grande salle atteint 81 m de hauteur ! Une merveille !

Nous poussons un peu plus à l’ouest dans l’état pour nous rendre dans la petite ville de Taxco, célèbre mondialement pour son travail de l’argent. On tombe tous amoureux de son charme colonial et de ses ruelles pavées si abruptes que quasi seules les Coccinelles avec leur moteur à propulsion parviennent à les gravir. Sur le Zocalo se dresse fièrement la Parroquia Santa Prisca.

Le marché, un vrai labyrinthe avec des dizaines d’entrées et sorties dissimulées, des escaliers qui montent et qui descendent, est l’un des plus originaux que l’on ait vu au Mexique.

Nous embarquons dans un Taxi, une Cocc’s évidemment, qui nous brimbale jusqu’au Cristo dominant la ville et les collines alentours. La montée est délirante et le panorama, superbe !

Nous sommes à la veille du départ de notre ami et pour l’occasion, nous lui réservons une petite surprise (bon ok ! C’était le hasard mais disons qu’il fait bien les choses…). C’est le soir de clôture de la Feria de l’argent et l’orchestre philarmonique d’Acapulco nous offre un concert magique, accompagné par un soliste de renommé mondial. Un grand moment d’émotion !

Ainsi s’achève notre séjour avec Marty. Ce dernier monte dans un bus à destination de Mexico pour découvrir la ville avant d’embarquer dans l’avion qui le ramènera en France. Un grand merci pour ta visite. On espère que tu as pris du plaisir à sillonner les routes mexicaines avec nous tout en partageant notre mode de vie nomade. La bise Poto !!!

Taxco n’a pas l’apanage des Coccinelles… Ces sympathiques bolides ont été produits ici à une époque et étant robustes et pratiques, ils sont encore très usités dans tous les Mexique. C’est devenu le grand jeu de Léon de repérer les « Cocc’s ».

Comme à notre habitude, nous nous sommes encore régalés à découvrir les espèces exotiques végétales…

…et animales…

Une dernière anecdote avant de vous quitter… En route vers le Sud, nous retraversons l’Etat de Puebla avant d’entrer dans l’Oaxaca. Moi, bien malade et Léon bientôt, on fait une halte dans un village où Hugo fait la connaissance sur le zocalo d’Arturo et de sa femme Fidela, vendeurs de fruits et de jus. Ils insistent pour que nous restions nous reposer chez eux quelques jours avant de repartir. Nous faisons la connaissance de leurs 7 enfants,…. Mirian, Bella, Esmeralda, Brandon, Dulce et Jose.

Et c’est ainsi que nous passons 2 jours à partager leurs quotidiens, à converser et à (beaucoup) rire tous ensemble. A vous tous pour votre accueil, votre ouverture d’esprit, votre authenticité… Merci !

Et à vous, chers lecteur, nous vous disons à très bientôt dans le sud mexicain ! Hasta luego !!!

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