Panama

¡ Holà !

Nous entrons au Panama le 29 avril et suivons la route des caraïbes qui serpente entre des paysages vallonnés luxuriants.

Cette zone est habitée par des populations indigènes vivant au bord de la route dans des maisons sur pilotis ou de jolies cases en bois aux toits de feuilles de palmes.

Nous découvrons de belles rivières aux eaux claires au bord desquelles il fait bon vivre…

Après avoir dépassé le village d’El Letrero, le paysage change radicalement. Au détour d’un virage, nous quittons la jungle verdoyante pour arriver sur des vallées arides.

Nous nous dirigeons rapidement vers le village de montagne de Boquete où nous rejoignons Lucie et Julien, un couple de voyageurs avec qui nous avions sympathisé au Costa Rica. Ils ont quitté la France depuis 4 ans alternant job Australien, voyage en van en Nouvelle-Zélande, sac à dos en Asie, job au Canada… Ils descendent cette fois-ci toute l’Amérique Centrale en back-pack avant de rentrer au Canada pour partir à l’aventure dans leur 4X4. Le hasard veut qu’ils soient ce jour là avec Eddy, Joséphine et leur petite Anna, d’autres voyageurs qui nous avaient contactés 2 ans auparavant en vue de leur projet de tour du monde. On passe un super moment tous ensemble grâce à la propriétaire de l’hostal Blasina qui nous laisse gentiment nous installé dans le jardin.

Nous embarquons Lucie et Julien pour quelques jours avec nous dans le 4×4 afin de profiter ensemble des joies de la nature panaméenne. Nous nous aventurons tout d’abord sur le sentier du « Pianista » dans les hauteurs de Boquete. Empreint de mystère suite à la disparition de 2 jeunes allemandes retrouvées mortes ici il y a quelques années, le chemin traverse des pâturages avant de pénétrer dans la forêt où l’on marche dans d’étroits canyons creusés par le ruissellement des eaux de pluie. Nous arrivons en haut sur un joli point de vue d’où nous rebroussons chemin.

De retour à Boquete, nous allons nous restaurer dans une petite cantine du centre ville où nous sympathisons avec une vieille dame au visage facétieux.

Puis le soir, nous partons bivouaquer tous ensemble au départ de la randonnée de « Los Quetzales », dans l’espoir d’apercevoir le lendemain matin, le fameux oiseau fascinant (un peu frustrés de notre demi-échec costaricien). En route, nous longeons une étrange falaise prismatique…

Nous partons donc aux aurores en quête du Quetzal. La forêt tropicale est superbe, pleine d’espèces géantes, de lianes, de fougères, de champignons poilus…

Nous croisons quelques jolis oiseaux, plein d’insectes magnifiques dont un papillon aux ailes transparentes et un gastéropode moustachu trop rigolo…

Et cerise sur le gâteau, alors que nous atteignons le bord d’une rivière, nous apercevons brièvement nos premiers Quetzals ! Nous poursuivons la marche et là, c’est un festival ! Nous arrivons à présent à reconnaitre leurs différents chants ce qui nous aide beaucoup à les repérer. Nous avons la chance d’en observer une dizaine ce qui nous laisse le temps d’admirer leur poitrine rouge recouverte d’élégantes ailes vertes ainsi que les longues plumes caudales du mâle. Nous sommes tous sous le charme de sa petite tête touffue qui lui donne vraiment un air mignon.

Ravis de cette belle randonnée, nous quittons la fraîcheur de Boquete pour nous rendre à Caldera où nous attend le réconfort d’une immersion dans des eaux thermales à 38°C.

Nous roulons à présent vers la péninsule de Boca Chica pour aller bivouaquer sur la plage sauvage « Hermosa ». En dépit du fait que nous nous faisons attaquer par les mouches des sables, tout le monde à l’air de s’amuser. Le feeling passe vraiment bien avec Lucie et Julien avec qui nous avons beaucoup de points communs et ils sont adorables avec Léon.

Le lendemain, nous poursuivons toujours plus à l’est et allons nous installer à la playa Las Lajas où on passe encore de bons moments au milieu des crabes et des mouettes (petit point orientation : le Panama fait une sorte de pont orienté ouest/est entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Notre déplacement général vers le sud se fait en fait ici concrètement vers l’est).

Les couchers de soleil du Pacifique sont toujours à la hauteur de nos espérances…

Nous poursuivons vers l’est et faisons un petit déroché en direction d’El Nancito, où nous attend un point de vue superbe sur l’estuaire du rio Santiago.

Tout en haut de la route, dans le village, quelques pétroglyphes gravées dans de gros rochers trônent en mémoire du temps mystérieux des peuples précolombiens.

Nous nous écartons à nouveau de la panaméricaine pour nous diriger vers le la réserve forestière de la Yeguada. Nous croisons quelques villages charmants et la jolie petite église coloniale de San Francisco de la Montaña.

A la Yeguada, les gardes forestiers mettent à disposition des visiteurs un terrain pour camper gratuitement à l’ombre de la pinède. Dans cette relative fraicheur d’altitude, baignés dans l’odeur des pins et au son des grillons, l’endroit prend des airs de notre douce France. Hugo se métamorphose une nouvelle fois en « super coiffeur » ! Le soir venu, nous sommes même autorisés à faire un feu sur lequel nous faisons griller des guimauves ! Léon est au paradis !

La lagune toute proche, très basse en cette fin de saison sèche, laisse apparaître son fond craquelé sous les coups harassants du soleil tropical.

Nous quittons les hauteurs pour redescendre à nouveau dans la chaleur caniculaire des plaines.

Un peu masos sur les bords, on décide d’aller explorer un endroit assez atypique au Panama : un désert ! Le parc national de Sarigua protège une zone qui s’est désertifiée il y a 11000 ans, la mer se retirant alors de 3 km. En fait d’un désert, c’est une grande étendue salée, bordée à son extrémité par des mangroves. Lors de la saison des pluies, l’eau monte à nouveau, laissant derrière elle une forte concentration de sel où rien ne pousse.

Hugo s’en donne à cœur joie dans ce  « petit bout d’Asie centrale ».

Le garde forestier du parc nous emmène voir une autre zone du parc qui était au départ une forêt sèche mais qui fût ravagée par la déforestation pour y installer du bétail. Depuis que la région est protégée, la forêt reprend doucement ses droits.

Dans le village de Parita nous allons rencontrer Dario, célèbre fabriquant de masque de carnaval en papier mâché de son Etat !

Après le désert et à seulement quelques dizaines de kilomètres, nous nous mettons à la recherche de la Cienaga de las Macanas, grande mangrove. A défaut de trouver l’entrée du parc, nous trouvons des marécages où les vaches avancent péniblement, à moitié embourbées dans les paludes.

Pour notre dernière soirée avec Lucie et Julien, nous prenons la direction d’Aguadulce, terre de sucre et de sel. Sous cette chaleur écrasante, le travail dans les marais salants parait terrible.

Sur la plage d’El Salado, autour de notre feu de camp, nous profitons de nos derniers instants avec les jeunes voyageurs qui doivent reprendre leur avion de Panama pour rentrer au Québec. Le lendemain, à la station de bus où nous les déposons, les au revoir sont difficiles. Mais c’est sûr nos chemins se recroiseront ! A bientôt les amis et bonne chance !

De notre côté, en quête de fraîcheur, nous montons au parc national d’Omar Torrijos La piste est ardue mais nous arrivons au cerro d’El Calvario d’où le point de vue sur les montagnes alentours est superbe.

Nous suivons les petites routes pour nous rendre au village d’El Valle d’Anton. En chemin, nous nous arrêtons au village de la Pintada où est fabriqué le chapeau traditionnel du Panama, le pinta’o (et non le Panama qui lui est fabriqué en Equateur !). Ici, le port est de mise. A chacun son style…

Nous rencontrons une habitante qui depuis toujours, met à profit son talent pour tresser des chapeaux. Elle nous explique le procédé incroyable de fabrication, entièrement naturel : 3 types de fibres différentes de palmier sont utilisées : une pour le blanc, une pour les motifs noirs (teinte grâce à une feuille rouge), et une pour le fil de couture. Un chapeau demande 1 à 3 mois de travail, en fonction de la finesse du tressage. Nous sommes impressionnés par cette méthode artisanale qui n’a pas pris une ride !

Avant d’entrer dans le village d’El Valle, niché au creux d’un cratère de volcan éteint, on va faire une baignade dans les jolies cascades du cerro Azul.

Nous nous installons dans le jardin de la caserne des pompiers d’El valle qui accueillent gentiment les voyageurs. Nous sommes au milieu de la verdure et des oiseaux tropicaux. Au loin, nous observons la forme anthropomorphe de la montagne de « l’Indienne Endormie ». Nous décidons de suivre le chemin qui monte au sommet de son sein. Serpentant au départ dans la forêt, le paysage change rapidement et devient sec, balayé par le vent.

Au sommet, la vue sur le cratère et les montagnes alentours est superbe !

Nous quittons El Valle mais avant de nous diriger vers la ville de Panama, au cœur de la fournaise, on fait un dernier détour par le parc national Altos de Campana. Ici, les rangers nous permettent de dormir gratuitement au cœur même du parc. Mais il faut pouvoir y accéder ! La piste est cahoteuse. Cependant, l’effort en vaut la peine. Nous dormons dans une fraîcheur incroyable, au milieu des toucans royaux et autres étranges oiseaux.

Les sentiers de randonnée ne manquent pas et nous sommes aux premières loges pour aller nous promener au milieu des papillons multicolores et autres insectes…

Mais nous devons nous diriger vers la Ciudad de Panama, la date de notre shipping vers la Colombie approchant à grand pas (il est impossible de franchir la jungle du Darien qui sépare le Panama de la Colombie, ce qui oblige tous les voyageurs à utiliser un transporteur maritime pour envoyer leur véhicule en Amérique du Sud). Nous franchissons le pont des Amériques qui traverse le canal de Panama reliant ainsi l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, artificiellement séparées par le canal.

Nous allons nous installer sur un bivouac indiqué sur une application que beaucoup de voyageurs utilisent pour trouver des conseils (I Overlander). Et là, à notre grand étonnement, une dizaine de véhicule de voyageurs a déjà pris possession des lieux ! Nous retrouvons Véro et Jess, rencontrés précédemment au Mexique et au Belize mais aussi Pascal, Vanessa et leur fille Maelys, rencontrés à Palenque au Mexique.

Nous sommes aussi rapidement rejoints par Guillaume, Amandine et leurs 2 filles. L’ambiance va bon train. On prend les conseils des uns et des autres pour les démarches à venir. Pendant que les Frenchies font l’apéro (étonnant !), les enfants s’en donnent à cœur joie.

Nous prenons le temps d’aller voir ces fameuses écluses où traversent des navires si énormes qu’ils ne passent qu’à quelques centimètres du bord, guidés par des wagonnets auxquels ils sont reliés par des filins.

La construction du canal a été initiée en 1880 afin de relier les côtes Pacifique et Atlantique, par une équipe de français, décimée par la fièvre jaune. Puis, ce sont les Etats-Unis qui ont eu le mérite de réussir à inaugurer cette incroyable prouesse technologique en 1914. Ils ont du créer au total 3 ensembles d’écluses et 3 lacs artificiels pour parer aux différences de niveau tout le long du canal. Les américains restent propriétaires du canal jusqu’en 1999 avant de le rétrocéder au Panama.

Alors que nous cherchons à faire des photocopies pour nos démarches du lendemain à l’inspection de la DIJ, nous nous enfonçons dans les quartiers populaires de Panama où la vie est animée à toute heure du jour et de la nuit. Après une journée de coupure d’eau, les habitants du quartier vont se rafraichir directement aux bornes à incendie !

La paperasse faite, nous sommes prêts à déposer le véhicule au port de Colon. Avant ça, on s’offre une balade sur la « Cinta Costera » de la Ciudad, superbement aménagée pour les piétons, les coureurs et les cyclistes. Ici, le contraste avec la pauvreté des quartiers populaires est saisissant. Mais c’est aussi le contraste entre la modernité de ces « tours cocaïnes » et les traditions des ethnies minoritaires qui nous frappe. Installées ici pour vendre leur artisanat, les femmes Guna dénotent dans le paysage !

Nous filons à Colon, sur la côté Atlantique (seulement une 60aine de km séparent les 2 côtes à cet endroit là) déposer la voiture au port en vue de son départ 5 jours plus tard. Après une demi-journée de paperasse à la manière des 12 travaux d’Astérix (la procédure sans agent, détaillé ici pour ceux que ça intéresse), la voiture est prête à partir. Nous sommes récupérés par Véro et Jess qui nous conduisent à 50 km de là, à Portobello, au bord de la mer des Caraïbe. Nous prenons une petite chambre pas chère au bord d’une jolie baie, les pieds dans les mangroves.

C’est la semaine sainte. Le soir, tous les habitants se retrouvent dans la rue pour des processions autour de chars transportant des images religieuses entourées de centaines de bougies enflammées. Le prêtre fait des sermons. Les femmes chantent des prières. Les hommes jouent des percussions, de la trompette et du saxophone. Un moment très beau et solennel.

Sans notre maison roulante, on s’essaye aux « chicken bus » pour se déplacer. Ces anciens « school bus » américains sont re designés au goût, souvent douteux, des chauffeurs qui roulent à fond la caisse porte ouverte, prêts à piler à n’importe quel moment pour prendre ou faire descendre un passager. Il faut avoir le cœur bien accroché !

Nous partons à la découverte de Portobello. Ancien port de marchandise mais aussi d’esclaves, la ville porte les vestiges de la colonisation. Deux forts protègent la cité à chacune de ses extrémités et l’ancien bâtiment des douanes est toujours debout.

Les nombreux bateaux échoués dans la baie laissent à penser que des pirates viennent encore l’attaquer de nos jours…

Nous découvrons ici une culture très métissée, fière de ses origines africaines. Une poignée d’esclaves à l’époque a préféré s’enfuir dans la jungle pour vivre libre et autonome. Ces « cimarrones » comme on les a appelé, se sont alors alliés aux pirates pour bouter les espagnols hors de ces terres. Aujourd’hui la « culture Congo » est un héritage des traditions africaines qui vit particulièrement à travers la danse et la musique. Chaque année, des célébrations telles que le festival des Diables ranime l’histoire de ce peuple sous la forme de danses et de représentations théâtrales satiriques.

La population vit aujourd’hui les pieds dans l’eau, principalement de la pêche, d’artisanat et d’un peu de tourisme. Comme souvent dans les Caraïbes, la vie s’écoule doucement et tranquillement.

Nous quittons la côte Caraïbe pour nous diriger à nouveau vers la capitale. Nous vivons quelques jours dans un Airbnb tenu par Amalina et son mari Noé. Avec leur fils Jonathan, ils nous reçoivent comme des membres de leur famille et nous offrent tous les jours à manger. Nous découvrons leur sanctuaire de tortues à patte rouge qu’ils sauvent de la maltraitance ou d’accidents et recueillent chez eux. Pour les remercier, nous leur concoctons à notre tour un repas français avant de les quitter pour prendre notre vol. Un grand merci pour votre gentillesse !

Chargés de nos sacs à dos en vue de notre vol, nous allons tout de même profiter de cette dernière journée pour arpenter « el casco viejo », le quartier colonial de Panama City. En plein cœur, les maisons à 2 ou 3 étages sont magnifiquement restaurés et les balcons fleuris. Elles sont pour la plupart occupées par des hôtels, des boutiques ou des restaurants.

En s’écartant de quelques rues, on découvre les maisons coloniales encore habitées par les locaux qui n’ont pas les mêmes moyens pour les entretenir…

Alors que nous nous envolons au dessus du Panama vers la dernière partie de cette grande aventure, nous pouvons faire une conclusion à la découverte de ce pays qui n’est pas qu’un canal ! Effectivement connu dans l’inconscient collectif pour ce couloir économique stratégique et son « rôle » de paradis fiscal, le Panama a été pour nous une vraie découverte car nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre. Nous avons tout d’abord découvert que le Panama est aujourd’hui encore la terre de 7 ethnies indigènes vivant pour la plupart de manière traditionnelle

Comme au Costa Rica, la végétation est très luxuriante par endroit et la biodiversité incroyable. Sur un petit territoire, on rencontre des paysages très variés. Et si l’on accepte de sortir des sentiers battus, on peut avoir de vraies surprises comme ce petit bout de désert. Mais ce pays est beaucoup moins développé touristiquement que son voisin costaricien et sa politique d’écotourisme peu développée. On sent que la population est moins sensibilisée à l’environnement et nous croisons beaucoup plus de déchets jetés dans la nature. Côté budget, c’est un pays légèrement moins cher mais le coût de la vie est tout de même assez élevé en comparaison du reste de l’Amérique Centrale. Son point fort, c’est son histoire et sa culture méconnues et très intéressantes. Un autre petit bout du monde à ranger dans notre mémoire…

Hasta luego amigos ! A bientôt en Amérique du Sud !

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